Éditorial (79/4)

Le champ des sciences religieuses et théologiques que la Revue a vocation à couvrir est si vaste qu’elle ne fait que de rares incursions dans le domaine, lui aussi considérable, de la spiritualité, de son histoire et de sa théologie. Aucun de nos lecteurs ne s’étonnera cependant qu’une revue de la Compagnie de Jésus ne tienne à célébrer son fondateur et son acte de fondation, le 450e anniversaire de la naissance d’Ignace de Loyola, associé au 400e anniversaire de l’approbation romaine de la Compagnie. Les nombreuses publications, réunions académiques et manifestations publiques qui ont salué ce double événement en beaucoup de pays au cours de l’année 1991 attestent la place encore occupée par les fondations ignatiennes dans la culture de notre vieille Europe, elle-même à la veille d’une nouvelle étape capitale de son histoire. Mais l’évocation du passé ne nous détournera pas du présent, car nous chercherons plutôt à les éclairer et féconder l’un par l’autre, soumettant la pensée d’Ignace

Actes du 24e Colloque : Penser la différence

En décembre 2011, notre Conseil de rédaction décidait de traiter, lors du 24e colloque des Recherches de Science Religieuse, de la thématique anthropologique de la différence, et plus précisément, de ce qui ébranle aujourd’hui sa compréhension. On ne s’attendait pas alors à la tempête médiatique et politique que déchaînerait, l’année suivante, le débat sur le fameux « mariage pour tous ». Nous avons maintenu notre projet, espérant offrir, lors de notre symposium biennal, une plateforme permettant une discussion à la fois franche et sereine…

Le dernier colloque des Recherches de Science Religieuse…

Le dernier colloque des Recherches de Science Religieuse sur une thématique ecclésiale a eu lieu en juin 1990 ; il portait le titre « Un corps pour l’Église » et fut publié dans RSR 79/2 et 3 (1991). Voici comment Joseph Moingt présenta le diagnostic auquel a répondu le colloque de 1990 : « La tournure de ce titre, à la fois interrogative et optative, exprime une inquiétude et un engagement : quel corps sera-t-il possible, quel corps est-il souhaitable de préparer pour l’Église ? La formulation interrogative signifiait que nous voulions laisser de côté les questions classiques, mais abstraites et intemporelles, de l’ecclésiologie pour nous concentrer sur les problèmes concrets que pose la situation actuelle de l’Église dans nos pays, ceux-là mêmes auxquels s’intéresse tout observateur des évolutions sociales de notre temps, à plus forte raison tout croyant responsable de son identité religieuse : un corps social évidé et éclaté, mal installé dans une société sécularisée avec laquelle il entretient des relations conflictuelles, mal assuré de son propre fonctionnement