Editorial 89/3 2001
L’intitulé du dossier qu’offre ce numéro des RSR paraît relever d’abord de la banalité. Comme écriture précisément, la Bible n’est-elle pas à l’évidence littérature, même si, selon diverses motivations, on la place d’abord sous le signe de l’oralité ? Livres et genres littéraires dans leur diversité disent pourtant et largement que la Bible est bien une littérature, celle d’un peuple et d’une religion qui, dans leur particularité, peuvent s’inscrire, soit historiquement soit esthétiquement, dans le patrimoine de l’humanité. Mais la Bible est surtout reçue comme un livre “ sacré ” qui, à ce titre, répond d’abord non à l’appel du plaisir ou du désir de culture, mais aux besoins et nécessités d’une foi religieuse, qu’elle soit juive ou chrétienne. Qu’elle ait été unifiée puis “ canonisée ” dans le contexte juif, qu’elle ait été “ reçue ” dans le contexte chrétien, les ensembles qui la constituent le sont d’abord et principalement au nom de ces exigences de foi. Dès lors, au service d’une pratique légaliste et d’une