La christologie comme clé d’une théologie « post-substitutive » du judaïsme après Nostra aetate

Catholic Theological Union – Catholic-Jewish Studies Program, Chicago Depuis la Déclaration Nostra ætate de Vatican II, les théologiens chrétiens ont proposé divers modèles pour une nouvelle perspective chrétienne sur le peuple juif et la permanence de sa relation d’alliance avec Dieu après la venue du Christ. Ces modèles pouvaient originellement être classés en deux catégories fondamentales connues sous le nom d’unique et de double Alliance. Plus récemment, des efforts ont été entrepris pour trouver de nouvelles voies d’articulation des liens aussi bien que des spécificités des juifs et des chrétiens. Une christologie incarnationnelle semble fournir le meilleur fondement à cette quête au sein du christianisme, surtout depuis que plusieurs chercheurs juifs se sont engagés dans une recherche similaire au sein du judaïsme

Lire l’alliance nouvelle dans l’ancienne

Parmi les typologies qui traversent le corpus biblique, l’alliance occupe une place de choix, non seulement en raison de la césure entre Ancien et Nouveau Testament, mais plus encore en raison du donné biblique articulant théologiquement ces deux alliances. Lire l’alliance ancienne à travers la nouvelle répond au projet herméneutique de la Bible chrétienne. Mais lire l’alliance nouvelle dans l’ancienne est plus inédit. L’expression alliance nouvelle apparaît une seule fois dans l’Ancien Testament, dans le livre de Jérémie (Jr 31, 31). Des expressions similaires lui succèderont dans d’autres livres prophétiques du temps de l’Exil. En quoi cette alliance est-elle nouvelle ? L’abandon du pacte contractuel du Sinaï et la promesse d’une relation unilatérale tendent à identifier un type d’alliance antérieur à l’Exode, remontant jusqu’à l’alliance originelle avec Abraham et même Noé.