Le malaise dans la culture : une crise permanente ?

C’est dans la perspective développée par Freud dans Malaise dans la civilisation ou Malaise dans la culture, que cette contribution cherche à éclairer le temps qui est le nôtre et à comprendre un malaise qui travaille, sans doute depuis toujours, l’espèce humaine et chaque culture. La question du sexuel se pose dans ce cadre, entre lutte et malaise, et elle permet de penser certains enjeux de notre époque. Si la psychanalyse freudienne s’est dégagée d’une certaine ontologie du sexuel pensé comme complémentarité, le monothéisme biblique a rompu de son côté avec la corrélation du sexuel et du sacré, et le christianisme a opéré une « débiologisation » des termes de la filiation. Autant de ressources à mettre au service du temps présent.

Apprendre à discerner les différences : un difficile travail de reconnaissance

Le concept de différence nécessite que le philosophe examine au préalable sa boîte à outils conceptuelle pour faire l’inventaire de l’usage qui est fait de ce mot à l’intérieur de différents « jeux de langage », car il y a les différences visibles et celles d’un ordre invisible. Nous sommes conviés à une leçon d’apprentissage des différences, réflexion qui cherche à les différencier pour mieux les connaître afin que, dans chaque domaine épistémologique, les débats contemporains se laissent instruire par ces différences propres.

SPÉCIAL SYNODE : « Une chair unique » ou « une seule chair » ? Genèse 2, 24 et sa lecture par le Jésus de Marc (10, 7-8a) et Matthieu (19, 5)

Les interprétations néotestamentaires de textes de l’Ancien Testament sont-elles normatives quant au sens de ces textes ? Dans le cadre du Colloque des RSR et en lien avec mon article du numéro préparatoire, cette question s’est posée en particulier… Lire l’article en intégralité exceptionnellement : WENIN Une chair unique

« Différences fondatrices » ou « refondation messianique » : de quoi Paul est-il le nom ?

Comment s’articule chez Paul, l’affirmation de la différence homme/femme à l’arrière-plan du texte de Rm 1, 26-27, et sa remise en question en Ga 3, 28 ? L’une, celle de Romains, est-elle première, fondatrice donc structurante et indépassable tandis que l’autre, celle de Galates, serait eschatologique et de ce fait, pour le temps que nous vivons, seulement seconde ? Cet article nous dévoile la grammaire paulinienne qui interroge les distinctions habituelles et qui opère des déplacements, dans un contexte donné.

Humain et nature, femme et homme : différences fondatrices ou initiales ? Réflexions à partir des récits de création en Genèse 1-3

Résumé A. Wénin – Humain et nature, femme et homme : différences fondatrices ou initiales ? Réflexions à partir des récits de création en Genèse 1-3 L’idée que les premières pages de la Bible (Gn 1–3) constituent un discours théologique et anthropologique concernant la création et qu’elles contiennent une révélation aussi définitive qu’unique sur l’être l’humain semble aller de soi. Mais ce raccourci ne se fonde-t-il pas sur l’occultation du genre mythique et de la nature narrative de ces textes qui, comme tout écrit, encodent une vision spécifique et située culturellement ? L’auteur interroge ces textes à nouveaux frais pour voir si ce qu’ils disent de la différence entre l’humanité et la nature, et entre l’homme et la femme, n’est pas plus complexe et nuancé que ce que la tradition en a retenu, et pour vérifier si ces textes immémoriaux ne recèlent pas des ressources cachées permettant de penser les questions anthropologiques que soulèvent notre époque. Human and nature, woman and man : founding or

Que faire des différences ?

La « différence » suppose l’ « altérité » des éléments entre lesquels elle est établie ou constatée, elle suppose, également, une comparaison ou un ordre entre ces éléments. Les deux terrains où ces catégories sont plus particulièrement en jeu sont la différence entre « l’humain » et le « non humain » et la différence entre l’homme et la femme. L’article analyse la mise en cause, à l’époque moderne, de l’importance structurante de la différence des sexes pour les sociétés humaines et s’interroge sur les motifs qui nourrissent cette contestation. Peut-on gérer le conflit entre la demande de reconnaissance de toutes les différences et l’exigence concomitante d’égalité sans « accommodements raisonnables »