Nos traditions théologiques revisitées pour faire face au défi écologique

 « Elle passe, la figure de ce monde ». C’est ainsi que l’apôtre Paul mettait en garde il y a deux millénaires. Le présent exposé examinera, parmi les sources de la tradition, celles qui, au lieu de déplorer une stabilité perdue, considèrent plutôt le cycle de genesis et de phthora, de venue à l’existence et de disparition, comme le processus par lequel Dieu amène l’ensemble de la création au résultat final prévu dès le commencement. Nous allons voir qu’il faut pour cela prendre au sérieux la proclamation de l’Évangile selon lequel la vie advient par la mort, un don qui, à son tour, libère la création afin qu’elle fleurisse d’une manière que nous ne pouvons même pas imaginer.

Pour une anthropologie théologique de la différence

Une théologie qui voudrait faire entendre sa voix dans le débat actuel sur les deux différences majeures qui nous constituent – notre place parmi les vivants et notre bisexualité – et présenter la tradition chrétienne comme une véritable « source », devra accepter de refaire le travail d’interprétation que d’autres ont fourni sur ces questions, dans de tout autres conditions, au début du christianisme et à l’époque de la chrétienté. C’est ce que l’article esquisse à partir de la dimension eschatologique de notre expérience baptismale, bien mieux située pour rendre compte de nos différences que ne l’était le mythe des origines, plusieurs fois revisité jusqu’à ce qu’il trouve sa forme moderne. L’enjeu est de montrer ce que cette expérience eschatologique permet de discerner comme force d’humanisation et menace de déshumanisation au sein des systèmes de distinction et de relation, tels qu’ils se présentent aujourd’hui dans nos sociétés européennes.

Pourquoi l’Église dans la Ville ?

L’Église est née dans les villes de l’antiquité. Elle mit bien du temps à pénétrer le milieu rural et ce qui était un obstacle à l’évangélisation devint plus tard un avantage, participant au maintien de la religion chrétienne. L’histoire montre que la question urbaine interroge l’Église sur la placequ’elle doit avoir dans cette société urbaine afin de pouvoir y remplir sa mission. En ces temps où le besoin se fait clairement sentir d’un nouvel élan missionnaire, l’événement urbain lui-même doit être lu comme signe des temps, étape de l’humanité dans l’Économie divine du salut.