Le moment constantinien

Le règne de Constantin (306-337) marque une transformation profonde de la religion telle qu’elle était comprise dans le monde antique. L’empereur n’adopte pas seulement le christianisme, il remplace une pratique religieuse fondée sur un lien collectif à un choix religieux opéré à l’échelle individuelle. Certes, Constantin favorise le christianisme tout en maintenant une tolérance prudente envers les cultes traditionnels, mais il contribue surtout à un déplacement radical du religieux dans le monde gréco-romain. Par ailleurs, ses interventions dans l’organisation ecclésiale contribuent à poser les bases d’une religion impériale, tandis que les Églises entendent conserver une autonomie déjà séculaire. Sont ainsi posées en des termes nouveaux les relations entre pouvoir et religion.