À l’occasion du cinquantenaire de Medellín. « Tout autre est la tradition européenne »

L’article montre que la synodalité au-delà des limites des Églises particulières est concentrée dans l’action habituelle de collaboration des évêques au sein des conférences épiscopales et du CCEE, où, selon LG, se réalise concrètement le « sentiment collégial » qui lie les évêques entre eux. Mais l’expérience conciliaire, due au rassemblement d’Églises particulières, est restreinte ce qui mérite une analyse afin de permettre une comparaison avec la situation du continent sud-américain. Cette réflexion se fera à partir du Code de droit canonique et de l’action et discours du pape François. Elle mettra en valeur l’expérience conciliaire dans les rassemblements d’Églises particulières.

La notion d’apostolicité selon Vatican II

Dans les recherches sur Vatican II, la notion d’apostolicité n’a pas été sujet d’une étude détaillée, bien qu’elle soit un des fondements de l’ecclésiologie. Notre étude est un premier essai. Le terme est intimement relié à la mission de l’Église. Apostolicité invoque toujours une manière de vivre et une doctrine. La personne et la prédication du Christ sont centrales : les apôtres, les évêques, les prêtres, les laïcs doivent s’engager dans la ligne du fondateur. Le rôle central du successeur de Pierre crée des tensions profondes dans les relations internes (primauté versus collégialité ; centralité versus autonomie des Églises locales). Dans les relations avec les autres dénominations chrétiennes, la place centrale du Saint Siège cause aussi des problèmes, même si le concile Vatican II a souligné les valeurs évangéliques réalisées par les autres Églises et dénominations chrétiennes.