L’évolution du magistère sur la doctrine de la « guerre juste »

La tradition millénaire de la doctrine de la guerre juste est remise en question en 1917, lorsque Benoît XV qualifie la Grande Guerre de « massacre inutile ». Cependant, le magistère continue à proposer cette doctrine jusqu’à Jean XXIII, pour qui l’emploi possible des armes atomiques rend inacceptable toute guerre d’agression. Il reste toutefois le problème de l’autre circonstance de guerre juste : le recours aux armes pour légitime défense. Il est résolu par le pape François qui établit un lien entre l’adhésion à l’Évangile et la non-violence active. Mais l’actuelle multiplication des guerres d’agression a fait ressurgir la doctrine traditionnelle.

La réception du concile Vatican II entre théologie et histoire

La controverse nouée en 2005 entre théologiens et historiens, autour de l’analyse du concile Vatican II comme événement ou comme texte du genre littéraire « constitutionnel », relève d’une histoire intellectuelle. Mais elle participe aussi d’une histoire du catholicisme contemporain marquée par les débats qui se succèdent sur la façon de mettre en œuvre l’aggiornamento. Si la majorité des protagonistes a le souci de donner toute sa validité à un concile vécu comme « de transition » et « pastoral », les uns en font une lecture conservatrice, l’inscrivant dans le prolongement de Vatican I et d’un catholicisme intransigeant, critique de la modernité ; les autres soulignent son caractère radicalement innovateur, tout en relisant à partir des textes conciliaires l’ensemble de l’histoire de la révélation à travers la notion de « signes des temps ». La réception conciliaire devient ainsi un observatoire privilégié pour comprendre l’histoire d’un catholicisme qui se mondialise, dans le contexte d’un écart qui s’approfondit entre le magistère romain et l’évolution des mœurs.