La lente émergence de l’idée de conversion écologique dans le monde catholique

L’encyclique Laudato si’ invite à une « conversion écologique ». D’autres textes magistériels l’avaient précédée dans cette voie, marquant ce qu’Adolphe Gesché avait qualifié de « tournant cosmocentrique », par contraste au « tournant anthropocentrique » (Karl Rahner), caractéristique de Vatican II. Ce double tournant explique pourquoi, en dépit de signaux précoces alertant sur la dégradation de l’environnement et sur la responsabilité humaine, le monde catholique a perçu plus tardivement que le monde protestant la nécessité d’un changement d’attitude. En outre, cela pose la question de la place de l’humain au sein du monde selon le dessein créateur de Dieu. Parler de « conversion » suppose un retournement ou un décentrement vers Dieu, mais un Dieu qui confère à chaque créature une « valeur propre ».

La contemporéanité entre sagesse et apocalyptique

En suivant l’ordre chronologique, la présentation des livres sapientiaux de la Bible traverse les époques perse (Job et Proverbes), grecque (Qohélet et Ben Sira) et romaine (Sagesse de Salomon), et termine par la personne de Jésus. À chacune de ces étapes, la confrontation avec le courant apocalyptique permet d’insister sur ce qui oppose les sages à l’apocalyptique.

L’impact de la Première Guerre mondiale sur la théologie française : le cas Teilhard de Chardin

La pensée de Pierre Teilhard de Chardin a marqué l’histoire de la réflexion chrétienne au XXe siècle. Il se trouve qu’elle s’élabore au cours de la Première Guerre mondiale. À travers les nombreux écrits de cette période, les principaux thèmes sont élaborés. La réflexion sur la dimension cosmique et évolutive de l’existence humaine n’occulte pas la question du mal.