La diplomatie du Saint-Siège dans les médiations internationales

Cet article propose une analyse de la médiation internationale du Saint-Siège comme pratique diplomatique spécifique, située à l’intersection du politique, du religieux et du normatif. En s’appuyant sur les apports de la science politique et des relations internationales, il montre que la médiation pontificale ne peut être assimilée à une technique neutre de gestion des conflits ni à celle des États neutres classiques. Fondée sur une « neutralité engagée », articulant normativité religieuse et intérêts ecclésiaux de long terme, cette diplomatie mobilise des formes de médiation variées – facilitatrices, relationnelles, transformationnelles ou testimoniales –, inscrites dans une temporalité longue et orientées vers la cohérence des processus de paix.

Hommes et femmes, discerner ensemble la tradition de l’Évangile

Dans les débats actuels qui traversent l’Église catholique, les voix féministes sont parfois disqualifiées a priori comme excessives, non seulement par des hommes, mais aussi par des femmes qui ont une vision négative du féminisme ou qui veulent être intégralement « loyales » envers l’Église catholique. Nous proposons ici une réflexion critique et constructive en quatre temps. Par le recours à l’épistémologie féministe telle qu’elle se définit hors du champ de la théologie, nous établirons d’abord qu’il est légitime et judicieux d’écouter avec soin les interpellations dérangeantes venant de femmes. Nous prêterons aussi attention à la voix d’une théologienne, Lucia Vantini, qui identifie dysfonctionnements et dénis dans l’Église catholique, sans congédier l’espérance. Nous argumenterons ensuite que la fructification de la charité est la visée unifiante de la tradition chrétienne, en vue de distinguer entre la tradition de l’Évangile et les traditions ecclésiales. L’objectif est de soutenir un discernement bifocal, par les hommes et les femmes en conversation, de la puissance de l’Évangile dans

Message et communauté : une articulation délicate

La communion ecclésiale est d’abord partage des mêmes biens de salut. Deux dimensions se trouvent donc dessinées, celle de la communauté et celle, première, de l’adhésion de la communauté au message qui la constitue. La tradition catholique considère comme centrale l’importance d’un ministère, au service de la communauté, qui est aussi, et sans doute d’abord, un magistère, au service de l’authenticité du message. La légitimité de ce ministère/magistère est placée sous le signe de l’apostolicité. L’article envisage un certain nombre de « blocages » qui, dans l’histoire, ont pu affecter le jeu entre ces deux dimensions, dus notamment à une personnalisation, à tendances monopolistiques, du ministère comme du magistère. Il propose quelques perspectives de dépassements.