De l’« An Deus sit » à l’« Ubi Deus est ». Esquisse pour une théologie de l’Adresse et de l’ invocation comme forme de connaissance
S’adresser à Dieu relève d’une expérience qui ne saurait être assimilée ou réduite à une détermination seconde de l’expérience religieuse, moins originaire que l’auto-surgissement de l’Idée de Dieu à la conscience. En théologie chrétienne, l’adresse et l’invocation offrent une particularité qui ne peut être ignorée, tant elle est solidaire de la constitution de l’objet de foi dans sa forme la plus originaire : l’annonce kérygmatique et ses formes très spécifiques de réalisation, qu’elles soient doxologiques, liturgiques ou parénétiques. Esquisser une théologie de l’ « Adresse » relève donc d’une démarche de théologie fondamentale intégrant le domaine de la foi trinitaire et requalifiant du même coup les catégories de la métaphysique qui servent à circonscrire le domaine et le champ de la présence de Dieu à toutes choses. Partir d’une théologie de l’« Adresse », c’est offrir la possibilité de sortir de la seule problématique de l’ubiquité divine pour envisager la question du « lieu » de Dieu (ubi Deus est) en y intégrant de facto et de jure la