Intelligence artificielle et transhumanisme : vers une redéfinition de l’humain ?

Le transhumanisme est une contestation de la conception classique de l’humain, puisqu’il fait de celui-ci un être de technique et sans essence propre, donc potentiellement sans limites. C’est dans ce cadre d’une redéfinition de l’humain que la question de l’intelligence artificielle doit être posée, ce que nous faisons en en présentant les principaux enjeux. Les progrès des programmes informatiques conduiront-ils à une intelligence artificielle générale et forte supérieure à l’intelligence humaine ? Et si oui, celle-ci sera-t-elle bénéfique ou dangereuse ? Sera-t-elle pour l’humanité comme un nouveau Dieu ?

L’écologisme entre science et religion ?

L’écologie politique est accusée à la fois de scientisme et de religiosité, c’est l’une des raisons pour lesquelles le courant est fréquemment considéré comme antimoderne et dangereux. Cet article entend clarifier les termes de la controverse et dans ce but revenir sur les rapports entre science et religion, en politique, notamment revisiter le concept de religion séculière. Avec l’aide d’A.N. Whitehead nous montrons que le possible est à la fois l’une des catégories les plus centrales du politique, et celle où tend à s’effacer la différence entre les affirmations relevant de la science et celles impliquant une certaine définition de la religion.

« Je suis celui qui est, qui était et qui vient » (Ap 1,8)

L’article met en relief la succession des trois ensembles de théologie systématique de Joseph Moingt, labourant un même terrain, ce qui pose donc la question sur les raisons d’être de ces « reprises ». De nombreux éléments textuels par lesquels l’auteur entre en dialogue avec ses lecteurs permettent une réponse. Ils révèlent les évolutions de la recherche théologique d’une cinquantaine d’années qui, greffées sur les mutations de l’Église et des sociétés européennes, se cachent dans son œuvre systématique et l’exposent, en sa forme de totalité unifiée, au test par l’histoire. L’enquête commence par l’examen du « genre littéraire » bien singulier de cette dogmatique catholique dans le contexte des théologies systématiques du XXe siècle. Elle se poursuit par une analyse détaillée des dialogues « interstitiels » de l’auteur avec la recherche et ses lecteurs, s’intéressant aux deux principales mutations épistémologiques intervenues lors de ce long parcours. Elle se termine par la difficile question de la réception de cette œuvre : quelle pertinence garde-t-elle dans la conjoncture actuelle de nos sociétés

Histoire et religion, entre pratique historiographique, principes épistémologiques et enjeux de sociétés

Cet article s’efforce de préciser les défis lancés à l’historien confronté à l’étude des religions ou de faits définis comme religieux. Après une interrogation sur les difficultés posées par un tel objet, il envisage les limites de la notion d’histoire religieuse et expose les principaux fondements épistémologiques et méthodologiques propres à la connaissance historique, qui guident la production d’une vérité spécifique, distincte des autres savoirs sur le religieux comme des passions religieuses de la société.

Éditorial (106/1 – 2018)

Depuis l’Antiquité, la nécessité de traduire la Bible s’est imposée aux communautés croyantes. Considérée comme la parole divine inspirée, elle devait, à leurs yeux, être accessible à tout croyant, quelle que soit sa langue : grec, araméen, syriaque, latin, etc.

Éditorial (105/4 – 2017)

 LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE IMPACT SUR LA THÉOLOGIE La Première Guerre mondiale marque, dans l’histoire européenne, « une coupure décisive aux effets irréversibles » (René Rémond). Les conséquences politiques et sociales furent certes importantes, mais les répliques religieuses de ce séisme ne se sont pas avérées moins fortes ni moins déterminantes. Cette guerre fut « une guerre qui mobilisa les religions et les Églises, qui engagea clercs et fidèles, qui interrogea foi et ferveurs » (Frédéric Gugelot). On peut dire après coup, utilisant une image, que de multiples fils de la politique et de la culture européennes se sont alors subitement noués en un écheveau inextricable, obligeant le continent à se confronter avec sa propre histoire selon des contradictions depuis longtemps accumulées. Et ce fut un christianisme qui, tant du côté allemand que du côté des alliés, se laissa instrumentaliser par le patriotisme et le nationalisme, légitimant, voire sacralisant la guerre. Les confessionnalismes catholiques, protestants, russes orthodoxes, fondés sur une osmose entre la culture et la foi, commencèrent par nier leurs solidarités transfrontalières, pour entrer, au plan national, dans

Bulletin de théologie sacramentaire (105/4 – 2017)

Ces dernières années ont vu la publication de plusieurs ouvrages particulièrement suggestifs sur l’eucharistie ; il convenait dans ce bulletin des honorer, c’est pourquoi nous commencerons par ceux-ci. Certains des auteurs poursuivent un travail sur l’histoire de la liturgie eucharistique et les élaborations théologiques qui l’accompagnent, donnant ainsi un aperçu sur cette étonnante efflorescence (merci à Jean-Baptiste Sèbe qui a recensé l’ouvrage d’Arnold Angenendt). Plusieurs s’affrontent à la question difficile de la « présence réelle » : comment en rendre compte, après notamment la critique heideggérienne de la métaphysique ? D’autres enfin abordent l’eucharistie à partir de questions actuelles. Le synode sur le mariage et la famille a donné lieu à d’abondantes publications, notamment sur les questions les plus débattues. J’ai rendu compte d’une dizaine d’entre elles dans une note publiée dans le Tome 103/2 des RSR (avril-juin 2015). Je ne reviendrai donc pas sur celles-ci, mais recense ici d’autres ouvrages sur le mariage, certains en rapport avec le synode. La troisième partie du bulletin rend compte de livres sur les sacrements du baptême et de l’ordre ; elle est suivie

Bulletin de théologie de la création et sciences (105/4 – 2017)

Comme dans les bulletins précédents, on distinguera les ouvrages qui traitent de théologie de la création, ceux qui abordent plus explicitement la question écologique, ceux qui portent sur la relation entre théologie et sciences de la nature, pour terminer par quelques études teilhardiennes. Il est clair que les frontières entre ces catégories sont extrêmement poreuses.  I. Théologie de la création 1. Re Manning Russell et alii (Éds.), The Oxford handbook of natural theology, OUP, Oxford, 2013, 632 p. 2. Fergusson David, Creation, Eerdmans, Grand Rapids, 2014, 150 p. 3. Bracken Joseph A., The World in the Trinity. Open-Ended Systems in Science and Religion, Fortress Press, Minneapolis, 2014, 224 p. 4. Rubini Costantino, Il divenire della creazione. In dialogo con Karl Rahner e Jurgen Moltmann, Città Nuova, Roma, 2013, 298 p. 5. Revol Fabien, Le temps de la création, Éd. du Cerf, Paris, 2015, 400 p. 6. Kärkkäinen Veli-Matti, Creation and Humanity, Eerdmans, Grand Rapids, 2015, 554 p. 7. Greenway William, For the Love of All Creatures, Eerdmans, Grand Rapids, 2015,

Note sur « Jésus, l’encyclopédie », J. Doré et Chr. Pedotti

L’ouvrage représente un événement éditorial en France, dans l’édition francophone, appelé à une postérité universelle. Organisateurs et auteurs se sont mobilisés pour faire connaître Jésus de manière attrayante, convaincante et libérante. On ne peut d’abord que renvoyer au génie pédagogique mis en oeuvre dès l’Avant-propos de Jean Mouttapa, directeur du secteur « spiritualité » chez Albin Michel, l’introduction nuancée de Joseph Doré et le mode d’emploi proposé pour explorer le volume…

Les Recherches de Science Religieuse pendant la Grande Guerre

À la déclaration de guerre le 2 août 1914, Léonce de Grandmaison se trouvait être à la fois Directeur des Études et des Recherches de Science Religieuse, revue bimestrielle qu’il avait fondée en 1910. Pendant quatre ans, Études abordera sous bien des aspects, et très abondamment, les réalités de la guerre : du point de vue politique, militaire, moral et bien sûr religieux. Plus de dix articles de fond traiteront de l’Allemagne, de la guerre, du patriotisme, articles qui se veulent distanciés et équilibrés, mais qui trahissent, relus aujourd’hui, les courants dominants de l’opinion française et catholique de l’époque…