« Je suis celui qui est, qui était et qui vient » (Ap 1,8)

L’article met en relief la succession des trois ensembles de théologie systématique de Joseph Moingt, labourant un même terrain, ce qui pose donc la question sur les raisons d’être de ces « reprises ». De nombreux éléments textuels par lesquels l’auteur entre en dialogue avec ses lecteurs permettent une réponse. Ils révèlent les évolutions de la recherche théologique d’une cinquantaine d’années qui, greffées sur les mutations de l’Église et des sociétés européennes, se cachent dans son œuvre systématique et l’exposent, en sa forme de totalité unifiée, au test par l’histoire. L’enquête commence par l’examen du « genre littéraire » bien singulier de cette dogmatique catholique dans le contexte des théologies systématiques du XXe siècle. Elle se poursuit par une analyse détaillée des dialogues « interstitiels » de l’auteur avec la recherche et ses lecteurs, s’intéressant aux deux principales mutations épistémologiques intervenues lors de ce long parcours. Elle se termine par la difficile question de la réception de cette œuvre : quelle pertinence garde-t-elle dans la conjoncture actuelle de nos sociétés

Joseph Moingt : Évangile et humanisme

Ce parcours de l’œuvre de Joseph Moingt évoque la formation classique puis le tournant de 1968 et sa rencontre avec M. L’évocation de plusieurs prises de positions dans le contexte de la crise institutionnelle permet d’en repérer les soubassements théoriques. Le troisième temps esquisse ce qui caractérise la quête de vérité de Joseph Moingt. Une dernière partie trace les lignes de cet humanisme théologique : l’enracinement anthropologique du croire, l’humanisation de Dieu en Jésus, l’Esprit saint facteur d’universalisation et de personnalisation. La conclusion analyse brièvement les lieux théologiques traversés.