Le salut de l’Évangile et les saluts de l’Église

Dans une Église idéale, la sotériologie devrait pouvoir se confondre avec l’ecclésiologie. En effet, quelle autre réalisation du salut peut-on espérer que l’Église ? Autant cette affirmation ravira certains théologiens, autant elle choquera la plupart de nos contemporains, tellement le vécu ecclésial est éloigné, dans la pratique de toutes les communautés, d’une expérience de salut. Cette tension entre sotériologie et ecclésiologie est due au fait qu’une Église « idéale », cela n’existe pas dans l’histoire ; c’est bien l’histoire qui est l’élément déterminant pour distinguer salut et Église et qui pourrait inspirer le sursaut susceptible de mener à un renouveau.

Un cahier des charges pour la christologie après Nostra aetate

Le paragraphe 4 de la déclaration conciliaire Nostra ætate concernant la religion juive a marqué un tournant symbolique dans la réflexion chrétienne sur le peuple juif et le judaïsme, sans pour autant lever toutes les difficultés héritées de l’histoire complexe entre le peuple juif et l’Église, ni les défis théologiques qui se dégagent lorsqu’est affirmée la validité permanente de l’Ancienne alliance. Après avoir retracé les avancées de la théologie catholique dans son rapport au Judaïsme, l’article met le doigt sur l’insuffisance de leur approche christologique et se propose, à la lumière de certains théologiens qui ont commencé à travailler dans ce domaine, d’élaborer le cahier des charges d’une christologie en rapport avec ce tournant symbolique de Nostra ætate §4.