Être et sujet. Pour une interprétation non immanentiste de leur corrélation

Pour vérifier la force d’inspiration de la pensée rahnérienne, l’article examine l’élément philosophique considéré comme une présupposition transcendantale au sein du discours théologique. En discutant l’accusation d’immanentisme que Cornelio Fabro adresse au Vorgriff rahnérien, on peut atteindre l’ « intentio profundior » de Rahner et montrer comment la question ontologique est d’emblée considérée comme question anthropologique. Pour surmonter une conception de la vérité, comprise comme a priori de  l’autoréalisation du sujet, on doit reconnaître le rôle constitutif du dynamisme de la liberté dans l’accès effectif à l’être. Sur cette base, sera esquissé le caractère événementiel de la vérité, donc de son historicité.

L’épreuve de la providence

La providence fut longtemps conçue comme la mise en oeuvre infaillible d’un plan fixé de toute éternité. Ces dernières décennies, une nouvelle prise en compte de la toute-puissance de Dieu et de la liberté humaine a conduit au rejet de l’ancienne conception : la providence s’exerce dans une histoire ouverte, dont Dieu a pris le risque. L’évaluation des enjeux, des critères d’appréciation et de la pertinence de cette évolution se prolonge par l’exposé des éléments fondamentaux d’une théologie du Christ comme manifestation, bénéficiaire et fin de la providence et par l’examen de ses conséquences pour la prière de demande, l’abandon à la providence et notre participation à celle-ci par la charité.

La mystique : une histoire au présent

Le présent article se propose d’analyser le projet de La Fable mystique en tant que démarche historienne. En l’abordant sous cet angle, nous souhaitons mettre en évidence le style singulier de Michel de Certeau. Trente ans après le premier tome, la publication de La Fable mystique II continue un itinéraire : les mêmes intuitions se trouvent étayées, des contenus déjà annoncés y sont élaborés. En prenant en considération les deux volumes, cet article met en lumière une préoccupation centrale de Michel de Certeau, celle de ne pas séparer les recherches sur la mystique du présent de celui qui l’étudie. Il cherche ainsi à saisir la relation établie entre l’historien, son objet et son présent. La mystique, science éphémère aux XVIe et XVIIe siècles, objet historique étrange qui noue l’expérience au langage, se fait et se défait sous la plume de Michel de Certeau. Elle finit par ne plus avoir de lieu propre, fixé d’avance dans un périmètre littéraire déterminé. Le discours