Théologico-politique : réflexions sur l’histoire récente d’un encombrant

Les deux dernières décennies du XXe siècle ont vu un retour de légitimité de Dieu en politique, dans un contexte marqué par la multiplication de conflits localisés où l’appartenance religieuse pouvait servir de ressort. En philosophie et dans les sciences sociales, ce « retour de Dieu » a rendu son actualité au débat sur le « théologico-politique ». Complémentaires, ces deux événements sont au centre de l’article qui en raconte l’histoire récente, entre globalisation du monde et sécularisation, puis entre violence au nom de Dieu et montée de radicalismes chrétiens. L’analyse conduit à s’interroger sur l’efficacité heuristique de la notion de « théologico-politique » pour comprendre la crise actuelle de l’idée démocratique.

Ministères et charismes dans les principales traditions chrétiennes

Penser tout « ministère » en Église comme un « charisme », c’est-à-dire comme une réalité donnée par l’Esprit-Saint en vue de l’édification de l’Église, voilà l’un des enjeux importants de la théologie des ministères, aujourd’hui comme hier, à la suite notamment des écrits pauliniens. Cela peut nous conduire à mettre en évidence, avant de nous intéresser à ce qui distingue les laïcs des clercs, le socle commun que représente le sacerdoce (ou le ministère, compris ici au sens de « service ») de tous les fidèles. Malgré tout ce qui sépare encore les protestants des catholiques-romains et des orthodoxes sur les questions qui ont trait aux ministères, d’importantes avancées ont été faites depuis le milieu du 20e siècle sur la dimension « charismatique » des ministères. Le présent article met en lumière certaines de ces avancées, comme aussi certaines spécificités propres à chacun de ces trois traditions ecclésiales.

Les ministères remis sur le métier

Le quadrillage total du territoire associant à chaque espace paroissial un curé touche en France à sa fin, le nombre de prêtres étant aujourd’hui insuffisant pour y faire face. Par ailleurs, les scandales sexuels, qui ont éclaté en 2018-2019, conduisent à la dénonciation du « cléricalisme ». Dans ce contexte, la réflexion sur les ministères, c’est-à-dire sur les acteurs et actrices légitimes pour prendre en charge le travail religieux, est rouverte. Deux principales options semblent considérées.