« Déploiement de la Trinité » comme Protohistoire dans l’œuvre de Joseph Moingt

Dans son opus magnum, Dieu qui vient à l’homme, Joseph Moingt poursuit les tâches de l’heuristique trinitaire telle qu’elle s’est déployée dans l’histoire de la théologie. Cette orientation fondamentale va bien au-delà d’une archéologie du croire. Elle prend la forme d’un projet de théologie systématique dont les orientations et les thèses constituent l’une des contributions les plus novatrices de la théologie trinitaire contemporaine. Le caractère novateur de l’entreprise est dépendant de la nouvelle intelligibilité qui marque l’usage du concept d’Incarnation relié à une protohistoire et à une nouvelle configuration du concept de prédestination. La complexité de cette construction théologique fait l’objet d’une analyse critique.

L’ajournement de la fin. La temporalité de la vérité dans l’Apologiticus et le De prescriptione haeriticorum de Tertullien

À quelle réalité saint Paul fait-il référence dans le passage de la seconde épître aux Thessaloniciens (2 Th 3, 6-7) lorsqu’il parle d’un pouvoir rétentif (to kathekon) ? L’article vise, non pas la dimension politique de ce pouvoir, mais les deux aspects impliqués par le passage de la seconde lettre aux Thessaloniciens : celui de l’apostasie et celui du rôle du temps. En opérant un rapprochement entre l’Apologeticus et le De prescriptione haereticorum de Tertullien, ainsi que l’interprétation newmanienne du développement, l’auteur montre comment le concept de kathekon commande directement la question de la temporalité de la vérité dans la facticité de la vie et du savoir dans le christianisme.

Événement, événementialité, traces

Cet article revisite un certain nombre de textes traitant du prétendu « retour de l’événement », annoncé au début des années 70. Il le fait depuis un point de vue : celui de l’histoire des écrits à l’époque moderne. C’est pourquoi il insiste sur le rapport entre perception, construction, transmission de l’événement et historicité de ses traces.