La patristique dans l’œuvre de Joseph Moingt

Joseph Moingt consacra jadis d’importants travaux à Clément d’Alexandrie et à Tertullien. Ses enseignements à Lyon-Fourvière donnèrent aussi une place très importante aux écrits des Pères, avec une attention privilégiée à la « logique » qui avait présidé au développement du « discours chrétien ». Plus tard, dans ses ouvrages de théologie systématique, Joseph Moingt n’a pas cessé de revenir à la tradition patristique, mais il l’a fait de manière renouvelée, dans le cadre des problématiques auxquelles il s’attachait désormais.

L’ajournement de la fin. La temporalité de la vérité dans l’Apologiticus et le De prescriptione haeriticorum de Tertullien

À quelle réalité saint Paul fait-il référence dans le passage de la seconde épître aux Thessaloniciens (2 Th 3, 6-7) lorsqu’il parle d’un pouvoir rétentif (to kathekon) ? L’article vise, non pas la dimension politique de ce pouvoir, mais les deux aspects impliqués par le passage de la seconde lettre aux Thessaloniciens : celui de l’apostasie et celui du rôle du temps. En opérant un rapprochement entre l’Apologeticus et le De prescriptione haereticorum de Tertullien, ainsi que l’interprétation newmanienne du développement, l’auteur montre comment le concept de kathekon commande directement la question de la temporalité de la vérité dans la facticité de la vie et du savoir dans le christianisme.