Paul et le Judaïsme du Second Temple

L’exégèse paulinienne du XX° siècle ayant principalement été le fait des spécialistes de confession protestante, l’article suit les changements opérés et s’attarde sur deux figures qui ont notablement animé et marqué les recherches actuelles, E.P. Sanders et H. Räisänen. Avec sa théorie du nomisme d’alliance, Sanders a sans doute le plus œuvré pour montrer le primat de la christologie dans la sotériologie paulinienne. Si son idée de nomisme d’alliance était vraie, Paul n’aurait jamais pensé que le judaïsme était une religion légaliste. L’apôtre doit bien plutôt y avoir vu un nomisme d’alliance. L’idée de légalisme doit être d’origine plus tardive, et vient de la théologie biblique protestante. Pour Sanders, Paul est un adepte du nomisme d’alliance, qui construit sa sotériologie christologique sur une base juive, et n’a pas voulu critiquer la conduite de la foi juive, le nomisme ; il ne nie pas les croyances juives, mais sa christologie dicte sa sotériologie. Sans nier que Christ soit le centre de la

A la rencontre de Paul. Connaître Paul aujourd’hui : un changement de paradigme ?

On constate un réel changement dans la manière d’étudier la vie et l’œuvre de l’apôtre Paul. Analysant les diverses raisons pour lesquelles il en est ainsi, D. Neuhaus passe en revue les sources anciennes et nouvelles à notre disposition et la manière dont on doit les utiliser, pour ne pas se fourvoyer. Trois thèses marquent la lecture ici faite de Paul en son temps et son milieu : 1) pour comprendre sa pensée, il faut préférer ses lettres aux Actes des Apôtres ; 2) le Paul des lettres est bien juif ; 3) la rupture entre le judaïsme et le christianisme est postérieure à Paul.

Où en sont les études sur S. Paul ? Enjeux et propositions.

Où en sont les études pauliniennes ? Après avoir examiné quelques-unes de leurs caractéristiques (la déconfessionalisation, la multiplication des études et des approches, l’érudition toujours plus grande – qui ne va pas toujours de pair avec la scientificité –, etc.), l’article s’attarde sur quelques chantiers en pleine évolution : (1) le rapport de Paul au judaïsme et à Israël, (2) la doctrine paulinienne de la justification par la foi, qui reste encore un des principaux sinon le centre d’intérêt majeur des recherches actuelles. Si les anciens paradigmes se sont effondrés, on ne peut dire qu’un nouveau se soit vraiment imposé, l’éventail des positions restant toujours assez contrasté. La présentation finit avec une brève question sur le futur de l’exégèse paulinienne dite scientifique.

Résister au mal

Par rapport à la problématique de la théodicée classique, l’article opère un renversement de perspective en s’interrogeant sur les forces dont dispose l’humanité dans son combat spirituel contre le mal. L’argument se développe en quatre parties. Une première circonscrit le terrain du questionnement en rappelant comment on y a accédé dans l’histoire de la pensée, et surtout, comment l’expérience du mal-malheur a suscité des ressources trop souvent cachées par une conception du combat spirituel, unilatéralement ­ aux prises avec le mal moral et le péché. Une deuxième partie se situe au niveau des formes de résistance communes aux différents courants religieux ou spirituels de l’humanité. L’approche herméneutique permet de les aborder dans un esprit « oecuménique », approprié à la perspective d’une résistance commune au mal, ce qui fait émerger la question de 1’ultime profondeur de nos ressources spirituelles. C’est sur cet arrière-fond qu’on pourra penser, dans un troisième temps, la concep­tion chrétienne de la résistance au mal comme une manière de donner existence

Problème du mal et péché des origines

À son niveau le plus fondamental, la doctrine du péché originel se développe en réponse au problème du mal. Elle tente d’expliquer pour­quoi les choses « sont ce qu’elles sont », pourquoi il y a du mal dans le monde, pourquoi l’humanité semble condamnée à prendre part à ce mal. C’est en contexte principalement chrétien que la doctrine reçoit sa forme articulée, quoiqu’elle puise aussi dans la tradition juive (avant tout dans ce que cette tradition dit d’Adam et Ève) et dans la culture païenne. Et quoique son but soit de s’accommoder de la condition humaine, elle est formulée dans une perspective selon laquelle le mal n’a pas le dernier mot. Pour croire en l’existence d’un péché des origines, on doit d’abord croire au pouvoir de la grâce, et l’on ne peut y croire qu’en croyant de manière simultanée que le mal n’a pas son origine en Dieu.

Les images de violence, signe d’absence ?

Même si toute l’expression humaine ne saurait se réduire à l’esthétique littéraire et cinématographique, celle-ci n’en occupe pas moins une place importante dans ce qui révèle le sentiment de l’homme dans son adhésion à l’existence, aussi élaboré soit le cri qu’explicite et déploie cette expression. Liées à des moments de l’histoire, ces formes d’expression les expriment en même temps qu’elles s’en distancient, disant, de façon originale en chaque oeuvre ou en chaque courant, cette résistance de l’humanité à ce qui normalement devrait l’anéantir. De la Shoah (en littérature) aux images de violence dans la cinématographie contemporaine, le témoignage de l’expression et de la résistance interroge le théologien.

L’humanité face au mal, enjeux pour une théologie contemporaine

Restreinte à confronter la question de la souffrance et la question de Dieu, l’étude se développe en quatre parties. La première rappelle comment l’ancienne justification de Dieu a réduit le mal subi ou mal être à un mal agir, un non être, un mieux être. La seconde montre comment une attention vive à la souffrance s’y oppose terme à terme. Celle-ci constitue un mal originaire. Elle présente une forme d’être. Elle n’entre en aucun ordre universel. La troisième partie suit quelques tentatives de la théologie philosophique contemporaine, en particulier avec la pensée du process, pour échapper à une impossible conciliation entre la bonté et la puissance de Dieu. La dernière partie reprend, dans l’horizon de la souffrance ; la foi chrétienne dans l’Esprit, le Christ et le Père : Dieu est contre, avec et par-delà la souffrance.. Si la faiblesse de Dieu ne saurait ressusciter l’homme, Dieu, dans l’absolue liberté de son origine, demeure libre pour aimer et libre de se limiter.