Paul et le Judaïsme du Second Temple
L’exégèse paulinienne du XX° siècle ayant principalement été le fait des spécialistes de confession protestante, l’article suit les changements opérés et s’attarde sur deux figures qui ont notablement animé et marqué les recherches actuelles, E.P. Sanders et H. Räisänen. Avec sa théorie du nomisme d’alliance, Sanders a sans doute le plus œuvré pour montrer le primat de la christologie dans la sotériologie paulinienne. Si son idée de nomisme d’alliance était vraie, Paul n’aurait jamais pensé que le judaïsme était une religion légaliste. L’apôtre doit bien plutôt y avoir vu un nomisme d’alliance. L’idée de légalisme doit être d’origine plus tardive, et vient de la théologie biblique protestante. Pour Sanders, Paul est un adepte du nomisme d’alliance, qui construit sa sotériologie christologique sur une base juive, et n’a pas voulu critiquer la conduite de la foi juive, le nomisme ; il ne nie pas les croyances juives, mais sa christologie dicte sa sotériologie. Sans nier que Christ soit le centre de la