Editorial 114/1
Il existe dans l’Église catholique un paradoxe qui frise la contradiction : les femmes y sont investies dans de nombreux services et sans elles peu de paroisses pourraient se maintenir mais leur présence est empêchée et leurs voix presque inaudibles. Certaines figures féminines y sont certes louées, à commencer par Marie, « Mère de Dieu », honorée de tous les titres qu’on lui attribue. Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila, et, plus récemment reconnue, Hildegarde von Bingen se tiennent à l’avant-garde. Mais occuper une place dans l’institution demeure aujourd’hui une exception. On a salué les nominations faites par le pape François : enfin, certaines femmes arrivaient au Vatican ! Manière de dire, en effet, car elles ont toujours été nombreuses, les petites mains des cuisines, de l’entretien et de la sacristie. Près de 25% du personnel de la Cité du Vatican est féminin. Les hauts offices étaient pourtant jusqu’à peu uniquement masculins. On vit d’abord une femme à la tête des musées du Vatican puis d’autres rejoindre