edito
Actes du 24e Colloque : Penser la différence
En décembre 2011, notre Conseil de rédaction décidait de traiter, lors du 24e colloque des Recherches de Science Religieuse, de la thématique anthropologique de la différence, et plus précisément, de ce qui ébranle aujourd’hui sa compréhension. On ne s’attendait pas alors à la tempête médiatique et politique que déchaînerait, l’année suivante, le débat sur le fameux « mariage pour tous ». Nous avons maintenu notre projet, espérant offrir, lors de notre symposium biennal, une plateforme permettant une discussion à la fois franche et sereine…
Le dernier colloque des Recherches de Science Religieuse…
Le dernier colloque des Recherches de Science Religieuse sur une thématique ecclésiale a eu lieu en juin 1990 ; il portait le titre « Un corps pour l’Église » et fut publié dans RSR 79/2 et 3 (1991). Voici comment Joseph Moingt présenta le diagnostic auquel a répondu le colloque de 1990 : « La tournure de ce titre, à la fois interrogative et optative, exprime une inquiétude et un engagement : quel corps sera-t-il possible, quel corps est-il souhaitable de préparer pour l’Église ? La formulation interrogative signifiait que nous voulions laisser de côté les questions classiques, mais abstraites et intemporelles, de l’ecclésiologie pour nous concentrer sur les problèmes concrets que pose la situation actuelle de l’Église dans nos pays, ceux-là mêmes auxquels s’intéresse tout observateur des évolutions sociales de notre temps, à plus forte raison tout croyant responsable de son identité religieuse : un corps social évidé et éclaté, mal installé dans une société sécularisée avec laquelle il entretient des relations conflictuelles, mal assuré de son propre fonctionnement
Le Cinquantenaire de l’ouverture du concile Vatican II…
Le Cinquantenaire de l’ouverture du concile Vatican II (11 octobre 1962) pourrait être l’occasion d’une prise de conscience collective quant à l’avenir de la tradition chrétienne au sein d’une civilisation mondialisée qui a du mal à envisager une nouvelle manière d’habiter notre globe. Nous savons bien que les célébrations anniversaires de grands événements historiques ou de « héros », culturels et politiques, sont fréquemment utilisées à des fins partisanes ou pour mieux contrôler l’interprétation d’une mémoire commune. Pourquoi le Concile échapperait-il à ces conflits d’intérêt ? On peut espérer cependant que des voix diverses se lèveront pour dénoncer toute récupération et faire apparaître le « potentiel » de créativité que garde cet événement (comme d’autres grands moments de l’histoire), que les croyants peuvent recevoir de Celui qu’ils reconnaissent comme « le maître de l’histoire ».