Genèse du langage trinitaire

Les auteurs chrétiens des premiers siècles ont souligné que la révélation trinitaire était advenue dans l’histoire, et ils ont exprimé la relation entre le Père et le Fils à travers le langage de l’engendrement. Face à certains courants de leur temps, ils ont compris la confession de foi en respectant pleinement l’affirmation de l’unité divine, et sans en venir à une simple juxtaposition ni à une conciliation superficielle entre la révélation trinitaire et l’affirmation d’« un seul Dieu ».

Que fait le numérique à la recherche patristique ?

Dans le domaine des études patristiques, le tournant numérique a apporté un certain nombre de changements, d’ampleur variable, sans modifier fondamentalement la nature des travaux menés. Sont envisagés successivement la préparation des éditions critiques, l’utilisation des corpus de textes et des répertoires électroniques de citations, puis diverses autres facettes. La question de la gratuité de l’accès aux ressources, ainsi que de la pérennité des ressources numériques concernées, est évoquée de manière transversale.

La patristique dans l’œuvre de Joseph Moingt

Joseph Moingt consacra jadis d’importants travaux à Clément d’Alexandrie et à Tertullien. Ses enseignements à Lyon-Fourvière donnèrent aussi une place très importante aux écrits des Pères, avec une attention privilégiée à la « logique » qui avait présidé au développement du « discours chrétien ». Plus tard, dans ses ouvrages de théologie systématique, Joseph Moingt n’a pas cessé de revenir à la tradition patristique, mais il l’a fait de manière renouvelée, dans le cadre des problématiques auxquelles il s’attachait désormais.

Le deuil mystique

Université de Lausanne Et maintenant, Seigneur, c’est déjà du passé, et avec le temps ma blessure s’est adoucie. Puis-je apprendre de toi qui es Vérité et appliquer l’oreille à ta bouche pour que tu me le dises, pourquoi les larmes sont douces aux malheureux, ou bien, quoique tu sois partout présent, as-tu rejeté loin de toi notre malheureux, et demeures-tu en toi, tandis que nous roulons dans les épreuves ? Et pourtant, si nous ne pleurions pas à tes oreilles, il ne resterait rien de notre espérance. D’où vient donc que sur l’amertume de la vie on cueille un fruit suave : gémir, pleurer, soupirer et se plaindre ? Y aurait-il là de la douceur, parce que nous espérons que tu entends ? C’est bien ainsi que les prières qui impliquent en effet le désir de parvenir au but mais dans la douleur d’une perte et dans le deuil où j’étais alors plongé (num in dolore amissae rei et luctu, quo tunc operiebar) […] ?

La christologie patristique dans le contexte des débats avec les juifs

Dans quelle mesure la christologie patristique a-t-elle pu alimenter une hostilité de fond entre chrétiens et juifs ? Après avoir rappelé quelques évolutions qui ont marqué la recherche contemporaine sur le sujet, l’article montre quels furent les principaux thèmes des controverses christologiques dans le contexte de l’opposition au judaïsme. Si certains écrits développent incontestablement des thèmes antijudaïques (comme celui de la substitution de l’Église à Israël), le constat de cet « antijudaïsme » ne doit pourtant pas empêcher de percevoir ce qui, originellement, était en cause dans les débats entre chrétiens et juifs, à savoir une décision existentielle sur l’identité même de Jésus. L’article invite à relire de ce point de vue le Dialogue de Justin avec le juif Tryphon, en rendant attentif à la forme même de cet écrit et à son prologue narratif.