Pour une théologie de la reconnaissance

Charismes et institution font-ils bon ménage ? Cette contribution cherche réponse en traversant quelques épîtres pauliniennes. D’abord l’épître aux Galates, pour relire les fondements de l’argumentation paulinienne en matière de service. Puis la première aux Corinthiens, pour penser la réalité nouvelle qui règne sur l’organisation de la communauté. Enfin l’épître aux Éphésiens, pour réfléchir avec les successeurs de Paul à la dimension cosmologique de l’œuvre commune des serviteurs. Cette traversée scripturaire met au jour une théologie de la reconnaissance : la reconnaissance des charismes que Dieu a gracieusement prodigués à chacune et chacun en vue de prendre efficacement ses responsabilités de croyant dans le monde.

« Vivre dans le temps présent avec réserve, justice et piété » (Tt.*), peut-il être désirable ?

À partir de la recommandation de l’auteur de la lettre à Tite, l’article, après avoir reparcouru la réélaboration théologique contemporaine autour d’une christologie eschatologique conduisant in fine à la notion de réserve eschatologique, examine la notion de réserve comme une attitude qui peut renouveler toutes les relations de la vie et permettre de mettre l’accent sur des notions anthropologiques tel que la perte, la fraternité, la vocation, en lien avec les conseils évangéliques.

« Différences fondatrices » ou « refondation messianique » : de quoi Paul est-il le nom ?

Comment s’articule chez Paul, l’affirmation de la différence homme/femme à l’arrière-plan du texte de Rm 1, 26-27, et sa remise en question en Ga 3, 28 ? L’une, celle de Romains, est-elle première, fondatrice donc structurante et indépassable tandis que l’autre, celle de Galates, serait eschatologique et de ce fait, pour le temps que nous vivons, seulement seconde ? Cet article nous dévoile la grammaire paulinienne qui interroge les distinctions habituelles et qui opère des déplacements, dans un contexte donné.

La raison d’être de l’Église. Les réponses de la tradition paulinienne

Si Paul s’est posé la question « Pourquoi l’Église ? », on ne peut être qu’étonné par le relatif silence des protopauliniennes à ce sujet dont les métaphores ecclésiales montrent une communauté d’abord pensée par rapport à la justification des croyants, dans une dialectique de salut individuel et universel, alors que les deutéropauliniennes abordent la raison d’être de l’Église de manière plus systématique. Cette progression vers une énonciation claire de cette raison d’être s’opère grâce à la catégorie de mystèrion sollicitée par Col et Ep. La double métaphore de l’Église corps et du Christ tête s’impose pour décrire la relation unique existant entre le Christ et l’Église. L’Église fait partie du mystèrion et doit l’annoncer. Elle a pour charge et fonction de faire connaître au monde sa relation unique au Christ. Bienque lointaine dans le temps, la tradition paulienne doit aujourd’hui encore nous provoquer et nous inspirer.

Questions et implications du silence de Paul sur Jésus

Lorsque l’on interroge les lettres de Paul sur le thème des « miracles de Jésus », un constat s’impose : Paul ne fait allusion à aucun de ces miracles. Doit-on en conclure qu’il les ignore ? S’interroger sur ce silence de Paul au sujet des miracles revient très vite à poser la question du rapport que l’Apôtre entretient avec la vie de Jésus. Après avoir recueilli les points de rupture où se joue le silence de Paul sur les miracles et relevé les questions soulevées par ce constat, il s’agira ici d’étudier les implications de ce silence qui touche au sens des signes pour Paul et, par là, au kérygme.