Reprise conclusive :« Pourquoi l’Église ? La dimension ecclésiale de la foi dans l’horizon du salut »

Comment tenter de ressaisir l’itinéraire du Colloque ? En commençant par une relecture de la problématique initiale puis en réfléchissant sur la manière dont a été pensé le traitement de cette problématique, successivement dans le numéro préparatoire des Recherches de Science Religieuse, au travers des quatre articles sollicités, et dans l’architecture du colloque luimême. Enfin, en reprenant certaines questions doctrinales et théologiques qui ont bénéficié d’une exploration renouvelée, et appellent encore des approfondissements au-delà de notre session afin que la finalité de l’Église continue de concerner l’ensemble de l’humanité.

Pourquoi l’Église ?

Avoir recours au terme « sacrement », pour parler de l’Église comme le fit Vatican II, permet d’aborder certaines questions posées par son utilisation, révélatrices de problématiques disputées en ecclésiologie. En quoi ce terme permet-il d’honorer le rapport de l’Église au monde : parler de l’Église sacrement, et même de sacrement du Royaume, n’invite-t-il pas à envisager d’une certaine façon « décentrée » les relations entre Église et monde ? La perspective sacramentelle peut dire quelque chose du « seul but » de l’Église et c’est cette perspective sacramentelle elle-même qui invite, voire oblige, au dialogue, c’est-à-dire à considérer non seulement ce que l’Église peut donner au monde, mais ce qu’elle doit en recevoir.

À « l’âge du renoncement », comment la paroisse peut-elle faire émerger l’Église ?

La crise de la paroisse est le reflet emblématique de la « crise » qui affecte le champ ecclésial dans son intégralité. C’est bel et bien en paroisse que l’on touche très concrètement du doigt les bouleversements qui traversent le catholicisme en Occident. Ce qui est en jeu dans la « crise » de la paroisse, c’est d’une part la représentation que l’on se fait de la présence de l’Église catholique dans nos pays et d’autre part, l’image que l’on se fait de ses rapports avec la société et la culture ambiante. Ce double enjeu est capital. Il y va de la crédibilité de l’Église et… de la foi chrétienne. Mais, l’institution paroissiale ne pourrait-elle pas être un atout pour l’Évangile et son oeuvre d’humanisation ?

La dimension ecclésiale de la foi aujourd’hui

La dimension « ecclésiale » de la foi catholique ne parvient pas à s’inscrire dans l’état présent de la culture postmoderne sous une forme communautaire crédible. Si nous vivons le temps d’une « exculturation du catholicisme » cela peut se dire « Nous n’avons pas l’Église qu’il nous faut ». On pourra aussi dire « L’Église doit changer pour faire face au tournant civilisationnel dans lequel elle se trouve prise avec l’ensemble de l’humanité ». N’est-ce pas faute de trouver son point d’application dans la vie sociale de nos contemporains, que notre catholicisme se trouve en quelque sorte « flottant » ?