Langage, discours, parole. Rigueur philosophique et ressources bibliques

Est-il possible de chercher un accord – sans concordisme – entre la rigueur du discours philosophique et la ferveur de la parole biblique ? Voilà qui suppose d’abord une raison qui abandonne ses prétentions magistrales pour se laisser ouvrir à l’écoute de ce qui la provoque et la relance. Mais cela exige également une herméneutique des Écritures qui n’y cherche pas un croire-savoir, mais la transmission historique d’expérience(s) dont l’envoi et l’élan sont toujours à reprendre en responsabilité sensée. Entre la discursivité des Dits (et dédits) raisonnables et l’inspiration du Dire prophétique, une relation respectueuse de l’altérité pourrait dès lors donner lieu à une intensification réciproque réveillant et aiguisant en chacune de ces deux orientations le meilleur et le plus légitime de sa visée signifiante.

La dimension ecclésiale de la foi aujourd’hui

La dimension « ecclésiale » de la foi catholique ne parvient pas à s’inscrire dans l’état présent de la culture postmoderne sous une forme communautaire crédible. Si nous vivons le temps d’une « exculturation du catholicisme » cela peut se dire « Nous n’avons pas l’Église qu’il nous faut ». On pourra aussi dire « L’Église doit changer pour faire face au tournant civilisationnel dans lequel elle se trouve prise avec l’ensemble de l’humanité ». N’est-ce pas faute de trouver son point d’application dans la vie sociale de nos contemporains, que notre catholicisme se trouve en quelque sorte « flottant » ?