Langage, discours, parole. Rigueur philosophique et ressources bibliques

Est-il possible de chercher un accord – sans concordisme – entre la rigueur du discours philosophique et la ferveur de la parole biblique ? Voilà qui suppose d’abord une raison qui abandonne ses prétentions magistrales pour se laisser ouvrir à l’écoute de ce qui la provoque et la relance. Mais cela exige également une herméneutique des Écritures qui n’y cherche pas un croire-savoir, mais la transmission historique d’expérience(s) dont l’envoi et l’élan sont toujours à reprendre en responsabilité sensée. Entre la discursivité des Dits (et dédits) raisonnables et l’inspiration du Dire prophétique, une relation respectueuse de l’altérité pourrait dès lors donner lieu à une intensification réciproque réveillant et aiguisant en chacune de ces deux orientations le meilleur et le plus légitime de sa visée signifiante.

Nomination de Dieu, invocation de Dieu. Une typologie des manières de s’adresser à Dieu dans la Bible

Il est proposé de postuler qu’aux figures plurielles d’un soi répondant à l’appel divin polymorphe correspondent des manières de s’adresser à Dieu : à une identité fondée correspondrait la louange, à une identité ébranlée la supplication et à une identité à la fois singularisée et universalisée la confession. L’hypothèse sert de mode opératoire pour un sujet dont le traitement pourrait courir le risque de demeurer descriptif. Ces manières mêmes de s’adresser à Dieu sont révélatrices de Celui qui en est le destinataire, de sorte que s’impose encore l’interrogation de la nomination de Dieu. On évitera de simplifier le propos en soulignant la perméabilité et la circularité des catégories.