L’évolution du magistère sur la doctrine de la « guerre juste »

La tradition millénaire de la doctrine de la guerre juste est remise en question en 1917, lorsque Benoît XV qualifie la Grande Guerre de « massacre inutile ». Cependant, le magistère continue à proposer cette doctrine jusqu’à Jean XXIII, pour qui l’emploi possible des armes atomiques rend inacceptable toute guerre d’agression. Il reste toutefois le problème de l’autre circonstance de guerre juste : le recours aux armes pour légitime défense. Il est résolu par le pape François qui établit un lien entre l’adhésion à l’Évangile et la non-violence active. Mais l’actuelle multiplication des guerres d’agression a fait ressurgir la doctrine traditionnelle.

Ordonner des pasteurs

Les déséquilibres doctrinaux de la théologie courante de l’ordination aggravent la crise actuelle du clergé. Selon la Tradition, les pasteurs étaient situés dans leur Église et en vis-à-vis d’elle. Actuellement, prêtres et évêques sont surtout envoyés à leur Église, après une ordination qui les fait personnellement prêtres ou évêques, et en second lieu pasteurs d’une Église, après coup. Cet accent sur la personne individuelle des ministres (vocation antérieure à l’appel de l’Église ; pouvoirs personnellement possédés ; identification au Christ), grève l’ecclésiologie de communion et met l’accent sur l’Église comme organisation. L’évangélisation bénéficierait du retour aux équilibres traditionnels analysés dans l’article.