La théologie et le « donné », nœud irrésolu des différenciations

Si la subalternation correspond à un état de la théologie qui, de la Sacra pagina, se haussa au rang de Scientia dans la période médiévale, il n’est pas sans intérêt d’analyser la manière dont ce régime de dépendance épistémologique très spécifique s’est littéralement métamorphosé dans la période moderne et dans la période contemporaine, jusqu’à l’éclosion d’un phénomène pour le moins inattendu, le processus d’absolutisation de la théologie qui n’est pas formellement imputable aux théologiens, mais à plusieurs formes de rationalités philosophiques parfois opposées entre elles. Ainsi, lorsque dans le projet des « métaphysiques modernes » (Baumgarten, Leibniz) la « théologie révélée » fut happée par la théologie naturelle et rationnelle au point de s’y dissoudre, les grandes métaphysiques allemandes nées des courants théosophiques (Hegel, Schelling) lui donnèrent par contrecoup une fonction qui allait paradoxalement l’absolutiser, inaugurant ainsi un processus d’absolutisation de la théologie dont quelques récentes phénoménologies semblent être les héritières inavouées. Ce processus d’absolutisation constitue une radicalisation du phénomène de la subalternation, la théologie convoquée

Une anthropologie des relations

La conversion écologique à laquelle nous invite l’encyclique Laudato si’ constitue un véritable changement de paradigme qui place la relation au cœur de l’existence : une invitation à concevoir la relation non pas comme un moyen pour vivre, mais comme la vie elle-même. Ce changement suppose une « dés-instrumentalisation » et une « endogénéisation » de la relation. Cette démarche sera esquissée à l’aide de trois approches qui seront mises en dialogue : celle sous-jacente dans la conversion écologique, celle associée à la valeur économique, et celle véhiculée par la mésologie. En guise de conclusion, l’expérience pratique du label Église verte servira pour illustrer une démarche de conversion écologique fondée dans la dimension relationnelle de la vie.

« Déploiement de la Trinité » comme Protohistoire dans l’œuvre de Joseph Moingt

Dans son opus magnum, Dieu qui vient à l’homme, Joseph Moingt poursuit les tâches de l’heuristique trinitaire telle qu’elle s’est déployée dans l’histoire de la théologie. Cette orientation fondamentale va bien au-delà d’une archéologie du croire. Elle prend la forme d’un projet de théologie systématique dont les orientations et les thèses constituent l’une des contributions les plus novatrices de la théologie trinitaire contemporaine. Le caractère novateur de l’entreprise est dépendant de la nouvelle intelligibilité qui marque l’usage du concept d’Incarnation relié à une protohistoire et à une nouvelle configuration du concept de prédestination. La complexité de cette construction théologique fait l’objet d’une analyse critique.

La théologie : Une science fondamentale ?

Peu de théologiens, dans la période contemporaine, oseront user de l’expression « science fondamentale » pour caractériser, voire définir la dimension de scientificité qui revient à la théologie. Dans ce contexte, ce n’est pas le mot de « science » qui pose difficulté mais bien le caractère fondamental attribué à cette science. L’auteur dresse dans un premier temps un état des lieux de cette question disputée avant de considérer le caractère spécifique de la théologie dans le cadre de la révélation et de sa dimension christologique et trinitaire. Ce contenu implique que la théologie-science est aussi une scientia de singularibus.