L’ekphrasis salutaire

Le Moyen Âge a-t-il manifesté une espérance de Salut pour le Cosmos ? Notre monde n’étant pas d’abord un objet d’étude ou de délibération, mais l’écosystème de la pensée et de l’expression humaines, nous chercherons à montrer comment la matière épaisse et chaotique d’une Création aspirant au Salut a pu être le support d’un langage théologique surgi en amont des langages plus spéculatifs qui tinrent cette matière à distance. En nous appuyant sur le concept d’ekphrasis, nous tâcherons de montrer qu’au XIIe siècle les visions ont été, par leur matériau et leur forme cosmiques, d’authentiques discours sotériologiques aux dimensions de la Création. Ces visions dressées dans l’histoire restent pour le théologien une invitation à se réapproprier la capacité exploratoire de la poétique.

La contemporéanité entre sagesse et apocalyptique

En suivant l’ordre chronologique, la présentation des livres sapientiaux de la Bible traverse les époques perse (Job et Proverbes), grecque (Qohélet et Ben Sira) et romaine (Sagesse de Salomon), et termine par la personne de Jésus. À chacune de ces étapes, la confrontation avec le courant apocalyptique permet d’insister sur ce qui oppose les sages à l’apocalyptique.