La problématique du Surnaturel dans L’Action et dans la lettre de 1896

Comment l’intention apologétique de Blondel dans L’Action est-elle compatible avec le caractère philosophique de l’œuvre ? Comment éviter le soupçon de préjugé, de pétition de principes ? R. Virgoulay montre comment le projet mis en œuvre dans L’Action et défini dans la Lettre de 1896, ouvrait la philosophie à l’examen du problème religieux par la détermination a priori de la notion de surnaturel. Après avoir exposé « la méthode de L’Action » pour faire passer d’une conviction subjective, d’un témoignage vécu, à une « science », c’est-à-dire à l’exposé qui conjugue nécessité et universalité, il s’attarde sur la cinquième partie de L’Action. Celle-ci, après l’élaboration des quatre autres parties, peut être alors une philosophie de la religion qui porte sur le contenu même du Christianisme, et pour laquelle la notion décisive est celle du surnaturel. Les questions que pose cette notion amènent l’auteur à comparer la problématique blondélienne à celle de Laberthonnière, comparaison qui manifeste la différence entre la démarche théologique de ce dernier et celle, philosophique, de

Henri de Lubac et le devoir de dialogue avec les Incroyants

Une grande partie de l’œuvre de de Lubac est consacrée à la pensée de ceux qui contestent la foi chrétienne. Son étude de l’athéisme en suite de ses recherches sur la relation entre nature et surnaturel dans la vie humaine, l’a. conduit notamment à étudier Proud’hon. La recherche des racines de l’athéisme contemporain lui permet d’aboutir à l’exigence de dialogue avec les athées qui peuvent aussi constituer un aiguillon pour la vérité même des croyants. À la clé de ce dialogue, qui connut ses hésitations, il y a la quête d’un humanisme authentique qui ne soit pas contre l’homme, mais pour l’homme, ce que seule, en définitive, peut garantir la foi au Christ.

Karl Barth, théoricien de la prédication

La « théorie » de la prédication de Barth comme « théologie de la Parole de Dieu » a été remise en question au début des années 60 alors qu’elle était constituée depuis les années 20. Qu’en est-il exactement de cette conception trop peu connue dans son exactitude, en France notamment ? Soucieux de pratique, Barth conçoit d’abord la prédication comme une Theologia viatorum et semble affirmer le caractère divin de la parole de la prédication. Or, la difficulté, voire l’échec, de celle-ci en rappelle le caractère de terrible humanité. Ainsi passe-t-il « d’une attestation indirecte du Christ » dans la prédicaiton de l’église, à une « prédication, service de la parole de Dieu », compte tenu de ce que seul le Christ, en définitive, est Parole de Dieu, et que la charge de prédication appartient à toute la « communauté de témoins ».

Augustin et le scepticisme académicien

Qu’en est-il de la philosophie élaborée par quelqu’un, Augustin, qui finit par rompre avec la philosophie ? Et qu’en est-il du mode de partage entre positions philosophiques et positions religieuses ? L’étude du cas particulier des relations d’Augustin avec le scepticisme académicien permet à la fois de poser ces questions et celles qui leur sont afférentes, et d’y répondre. À partir de l’étude du livre V des Confessions, puis de la présentation de la doctrine académicienne par Cicéron, E. Dubreucq précise ce que furent les relations d’Augustin avec ce scepticisme académicien fait de doute fondamental dans le rapport à la vérité avec, pour risque, le désespoir dont l’auteur des Confessions fit l’expérience. Dans l’itinéraire augustinien, les doctrines académiciennes et néoplatoniciennes ne servent que de temps intermédiaire dans la quête de l’union au Christ auquel elles étaient finalement orientées.