Théologies politiques et eschatologie
Les théologies politiques et de la libération semblent de nos jours en voie d’essoufflement, et ce phénomène pose problème. Elles s’étaient situées, en Europe, sur le terrain de la modernité, de la liberté, de la solidarité avec les victimes d’une histoire de violences ; en Amérique Latine, elles s’étaient vouées à l’émancipation socio-économique des classes populaires. La pertinence des unes et des autres ne devrait pas être mise en doute : elles prennent au sérieux la Promesse eschatologique, le souci privilégié que Jésus avait des pauvres et des opprimés, l’expression publique de la foi en toute situation socioculturelle de crise. Comment expliquer, alors, leur déclin actuel ? Trois explications peuvent être avancées : la trop grande généralité de la « réserve eschatologique » lorsqu’elle n’est plus affrontée à quelque situation-limite, et son ambiguïté, partagée qu’elle est entre une exigence de justice (forcément violente) et une promesse de pardon (et d’oubli des injures) ; l’étroitesse du soutien populaire dont ces théologies pouvaient se réclamer (à des degrés d’ailleurs divers) ;