La synodalité ecclésiale : diversité de lieux et interactions mutuelles

L’Église est foncièrement synodale. Elle l’est de manière constitutive, structurelle. Partant de cet axiome, l’auteur développe les éléments d’une grammaire de la synodalité et considère son déploiement à tous les échelons de la vie ecclésiale de l’Église catholique, les interactions mutuelles qui en découlent, moyennant la consultation généralisée induite par la récente Constitution Episcopalis communio. Enfin, le canoniste sera attentif aux conditions de possibilité et aux chances d’une « synodalisation intégrale » dans une institution confrontée à ses limites et ses résistances.

Le concile provincial, une chance pour la synodalité de l’Église

Dans l’Église catholique, les conciles provinciaux sont rares, tant comme événements de la vie ecclésiale que comme objets d’étude. En théorie, ils ont pourtant toujours été reconnus comme importants, y compris au concile Vatican II. L’auteur commence par un parcours historique, puis analyse le concile provincial de Lille (2013-2015), pour enfin présenter plusieurs enjeux ecclésiologiques qui sont autant de questions que de perspectives. La conclusion est que la synodalité déployée dans un concile provincial permet un triple renforcement : de l’Église locale, de l’épiscopat et de l’Église comprise comme peuple de Dieu et temple de l’Esprit.

Bulletin Évangiles synoptiques et Actes (107/2-2019)

La tendance observée depuis une quinzaine d’années (et plus) se poursuit, à savoir la représentation de plus en plus forte du monde anglophone, spécialement nord-américain, au détriment des autres sphères linguistiques (germanophone, francophone, italophone et hispanophone) ainsi que la multiplication des publications, de niveau inégal, en cette même langue. Ce qui se passe pour les revues, avec la création de nouvelles revues (comme le Journal for the Study of the Historical Jesus) pour assouvir la soif de publications engendrée par les nécessités des titularisations (« tenure track »), se produit également, mutatis mutandis, pour les livres et les collections. Il devient de plus en plus difficile de tout suivre et de repérer ce qui vaut vraiment la peine, même si quelques collections (comme la WUNT et, dans une moindre mesure, la LNTS) continuent à maintenir un bon niveau. Des travaux sur le contexte religieux juif et le contexte culturel hellénistique du Nouveau Testament nous permettent d’affiner notre perception du monde du Nouveau Testament. Les recherches sur le judaïsme intertestamentaire comme celles portant sur la littérature hénochienne (cf.

Bulletin paulinien (107/2-2019)

I. Commentaires 1. Barth K., L’épître aux Romains, Labor et Fides, Genève, 2016, 514 p. 2. Buscemi A.M., Lettera ai Colossesi. Commentario esegetico, « Analecta dello Studium Biblicum Francescanum » 82, Terra Santa Milano, 2015, xxxix + 554 p. II. Études sur une lettre 3. Berge L., Faiblesse et force, présidence et collégialité chez Paul de Tarse. Recherche littéraire et théologique sur 2 Co 10–13 dans le contexte du genre épistolaire antique, NT.S 161, Brill, Leiden, 2015, xiii+ 730 p. 4. Heilig Ch., Paul’s Triumph. Reassessing 2 Corinthians 2:14 in Its Literary and Historical Context, BTS 27, Peeters, Leuven, 2017, 338 p. 5. Pialoux L., L’épître aux Philippiens. L’Évangile du don et de l’amitié, EtB NS 75, Peeters, Leuven, 2017, 487 p. 6. Theobald M., Israel-Vergessenheit in den Pastoralbriefen. Ein neuer Vorschlag zu ihrer historisch-theologischen Verortung im 2. Jahrhundert n. Chr. unter besonderer Berücksichtigung der Ignatius-Briefe, SBS 229, Katholisches Bibelwerk, Stuttgart, 2016, 428 p. III. Thèmes théologiques 7. Park Y.-H., Paul’s Ekklesia as a Civic Assembly, WUNT 2.393, Mohr Siebeck, Tübingen, 2015, x + 254

Éditorial (107/1 – 2019)

Quand des historiens et des théologiens s’intéressent à l’Eucharistie, ils ne peuvent pas ne pas prendre en considération la pratique ecclésiale de celle-ci. Depuis le concile Vatican II et le tournant pastoral et œcuménique qu’il a enregistré et promu, cette pratique est entrée dans une nouvelle phase. Un diagnostic socio-historique s’impose donc. Et ce, d’autant plus que les phénomènes de désaffections et de fragmentation de la pratique eucharistique que nous connaissons en Europe de l’Ouest (et pas seulement là) coïncident paradoxalement avec un renouveau remarquable des recherches au point de vue historique et théologique : nous sommes passés d’une théologie sur l’Eucharistie à une théologie à partir de l’Eucharistie (L. Bouyer), telle qu’elle est célébrée par l’Église dans la diversité des formes dans le temps et l’espace. L’Eucharistie comme « action » a équilibré l’Eucharistie comme « présence ». Le maître-livre d’Henri de Lubac, Corpus mysticum. L’Eucharistie et l’Église au Moyen Âge. Étude historique (Aubier-Montaigne, Paris 1944 – 2e édition revue 1949) peut être considéré comme emblématique de ce renouveau qui marque toute la théologie pré- et postconciliaire, y compris sur le plan

L’eucharistie : trouver une respiration

Après avoir dressé à grands traits un état des lieux des pratiques autour de l’eucharistie en Europe occidentale, l’auteur avance sa thèse : l’eucharistie, célébration clé de la vie ecclésiale, demeure enclavée ; de ce fait, il lui est difficile d’irriguer le quotidien des fidèles. Elle est sans doute « sommet », mais parvient mal à être « source » de la vie chrétienne. L’auteur, en s’appuyant sur la réflexion de Marcel Mauss, fait quelques suggestions pour aller en ce sens.

Corpus mysticum revisité

Corpus mysticum demeure l’un des principaux ouvrages de Henri de Lubac. À la relecture, il apparaît que son but principal – restaurer la dimension ecclésiale de l’eucharistie – est inséparable d’une réflexion sur la sacramentalité. En même temps que l’adjectif «mystique» en venait à qualifier l’Église plutôt que l’eucharistie, son sens s’affaiblissait. Dans la réflexion et la piété eucharistiques, on tendait à dissocier, sinon à opposer, « réalité » et « symbole », à dévaluer le registre du symbolique/sacramentel au profit de la « vérité ». Que les inflexions remontent au IXe ou au XIe siècle, une perte en venait à affecter la compréhension du mystère eucharistique, les questions se posant de savoir dans quelle mesure la théologie ultérieure devait s’en trouver affectée. L’ouvrage érudit du théologien jésuite avait donc une dimension militante, qui ne pouvait qu’affecter sa réception, mais devait se révéler à plus long terme riche de ressources.