“ Traduire pour les ‘idiots’ ” : Sébastien Châteillon et la Bible
Châteillon (1515-1563) a peut-être laissé un plus grand souvenir par son opposition à Calvin dans l’affaire Servet (“ Tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. ”) que par sa traduction française de la Bible. Après le rappel à grands traits de la vie de ce “ savoyard ” (du Bugey, alors du Duché de Savoie), J. Roubaud place son œuvre de traducteur sous le signe de cette affaire, de son adhésion à la Réforme et de son souci de s’adresser non seulement aux lettrés, à ceux qui connaissent la latin et le grec, mais surtout aux “ idiots ”, c’est-à-dire à ceux qui ignorent les langues anciennes. Loin de considérer ces derniers comme gens stupides, il les rejoint dans leur créativité verbale, n’hésitant pas à utiliser le langage populaire, voire à créer des mots, de façon à rendre le texte biblique aussi direct que possible dans son expression, ce qui lui fit produire un chef d’œuvre du français du