L’idéologie judéo-chrétienne et le dialogue juifs-chrétiens. Histoire et théologie
La volonté présente du christianisme de nouer un dialogue fraternel avec le judaïsme pose au premier le problème de reconnaître exactement l’identité du second, et d’interpréter correctement la judaïté de Jésus et la notion de « texte commun », présupposées à la base de cette rencontre. La religion de Jésus n’était pas encore ce qui allait devenir, après l’instauration du rabbinisme, la religion des juifs actuels, fondée sur la rédaction d’une Torah orale. Le judaïsme moderne et le christianisme sont à la fois en rupture et en continuité herméneutique avec l’Ancien Testament, mais ils ne le lisent pas avec la même clé d’interprétation, le second le lisant à partir de son « accomplissement » dans le Nouveau, le premier en fonction de son « ouverture » à une autre nouveauté, qui sera le Talmud. L’idée d’un « patrimoine commun » aux juifs et aux chrétiens est née, dans un premier temps, de l’idéologie des Lumières, créatrice d’une culture commune, «judéo-chrétienne », au prix d’une lecture « scientifique » et désacralisante de la Bible. Dans un second temps,