Le mal a-t-il une réalité ontologique ?
Le regard théologique sur la question du mal a progressé en Occident grâce à la lecture des Noms divins de Denys, et à l’analyse scientifique de Thomas d’Aquin. Il est cependant intéressant de souligner le nouvel ordre et les rectifications que Thomas d’Aquin apporte à la pensée de Denys dont il est tributaire. Imprégné de la philosophie néoplatonicienne, Denys apparaît dans son ouvrage comme faisant une théologie de l’amour et du Bien. Le Bien y est non seulement objet d’amour, mais il appelle un ordre et une vie. Le mal ne peut être situé que par rapport à l’opération vitale défaillante. Par rapport à Denys, Thomas d’Aquin opère une inversion de pensée. Son apport propre est de dépasser les deux positions de Denys selon qui le mal n’a pas de cause propre, le Bien étant fin de tous les maux. Le mal, qui reste accidentel pour Thomas, est aussi le fruit d’une relation déséquilibrée. Conséquence du péché en tant que