Facticité et Argumentation. Réflexions sur la méthode en théologie fondamentale
La théologie fondamentale a-t-elle vraiment atteint son « identité scientifique » ? Ayant pris la relève de l’apologétique tradiitonnelle, on est en droit d’exiger d’elle une seule méthode qui ordonnerait tout son discours. Grâce à l’apport de L’Action, on sait qu’en déterminant la façon dont la pensée rejoint la réalité comme son objet, la méthode décide de ce qui est pensable. En référence au schéma tripartite (demonstratio religiosa, demonstratio christiana, demonstratio catholica), l’auteur rappelle que Blondel proposait pour le renouvellement de l’apologétique, l’inversion du schéma. Ainsi, l’Église devait-elle devenir le premier objet de la démonstration. Une relecture de L’Action, et notamment du troisième chapitre, permet de saisir la nécessité de ce renversement, ce qui amène l’auteur à conclure que le véritable point de départ du discours ne se trouve pas dans le « il y a quelque chose » du début, mais dans le « C’est » final, dans le fait de l’unique événement du salut.