Le christianisme comme « style ». Relecture du thème « Esthétique et théologie »
L’esthétique moderne, tout éloignée qu’elle est de la conception religieuse de l’œuvre d’art dominante jusqu’à la Renaissance, reste traversée par une sourde inquiétude au sujet du sacré, qu’on est autorisé à interpréter comme une quête spirituelle, comme une ouverture vers une altérité innommée. Quelques théologiens contemporains, de leur côté, souvent influencés par la fréquentation des beaux-arts, tendent à substituer aux stratégies apologétiques ou dogmatiques du passé une approche esthétique du mystère du monde, de l’homme et de la révélation. La notion de « style », entendue comme « manière d’habiter le monde » (M. Merleau-Ponty), semble propre à exprimer l’appréhension à la fois esthétique et théologique du mystère chrétien.