Éditorial (103/4)
Comme de coutume, les RSR publient tous les deux ans un numéro de Varia, afin d’accueillir quelques-uns des articles envoyés à la Rédaction, soit par de jeunes chercheurs, soit pour approche d’une question d’actualité. Ainsi notre Conseil de rédaction s’était-il interrogé en janvier dernier, après les attentats de Paris, sur les nombreuses pages des Écrits fondateurs du judaïsme, du christianisme et de l’islam où la violence s’étale, que celle-ci soit le fait des croyants ou de Dieu Lui-même : épisodes violents, appels à la violence ou oracles la justifiant, prières de vengeance ou d’exécration, décrets d’exclusion ou anathèmes, etc. Les événements récents ne donnent que plus d’urgence à cette interrogation. Les religions qui se réclament de ces écrits sont tôt ou tard confrontées à la question de savoir que faire de ces pages qu’elles ne peuvent évacuer purement et simplement en raison de leur reconnaissance « canonique ». À côté de lectures littéralistes, souvent fondamentalistes, générant ou appuyant des comportements fanatiques individuels ou collectifs,