Pensée critique des sources islamiques en contexte chrétien

La critique des sources islamiques est un des sujets majeurs qui suscite l’intérêt d’acteurs chrétiens impliqués dans le domaine de l’islamologie ou du dialogue islamo-chrétien. L’analyse se focalise sur l’écho que se fait une revue dominicaine, le MIDÉO, basée au Caire. Quelles sont les thématiques abordées depuis dix ans ? Que donnent-elles à comprendre de ce que l’on pourrait définir comme étant un contexte chrétien dans la réception de la pensée critique des sources islamiques ? Dans cet article, deux types d’analyse sont proposés, l’un diachronique en passant en vue les principales thématiques abordées concernant les textes sources, l’autre synchronique en repérant les méthodes utilisées et les principaux éléments à retenir.

La théologie rahnérienne de la grâce et « L’Église et les autres »

Le travail théologique de Rahner a accompagné Vatican II dans son changement de regard sur les autres religions. L’originalité de Rahner a été de dire comment des hommes peuvent être sauvés en dehors d’une foi explicite au Christ. Ce comment est fondé dans sa théologie de la grâce : tout être humain est destinataire de l’offre de la grâce divine, et reçoit la capacité de s’y ouvrir.

La distinction « incorporé à » / « ordonné à » dans Lumen gentium

La répartition habituelle des traités en théologie laisse souvent l’ecclésiologie à distance des questions touchant au pluralisme religieux et c’est davantage le christologue ou le spécialiste de la théologie fondamentale qui sont sollicités. Pourtant, les débats ayant trait à cette question ne sont pas sans répercussions sur l’ecclésiologie et spécialement sur l’articulation entre l’Église et le Règne de Dieu. Dans cette perspective, il est utile de revenir sur deux expressions qui qualifient le lien à l’Église au concile Vatican II , à savoir « incorporé à » (LG 14) qui qualifie l’appartenance des catholiques à leur Église et l’expression « ordonnés à (…) l’unité du Peuple de Dieu » qui s’applique à « ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile ». Cette façon dont le concile a décrit le lien entre l’Église et ceux qui n’en font pas partie appelait à préciser à son tour le lien entre l’Église et le Règne de Dieu. Sur ce point, une étude généalogique permettra de percevoir l’importance de l’évolution opérée par le