Les chrétiens d’Occident face aux juifs et aux musulmans au Moyen Âge. XIe-XVe siècles

À mesure que la chrétienté occidentale prit conscience de son unité qui reposait fondamentalement sur l’appartenance à l’Église romaine et à la culture latine, elle eut tendance à considérer avec une méfiance croissante ceux qui ne partageaient pas ses croyances et qui utilisaient pour leurs cultes des langues incompréhensibles pour elle comme l’hébreu et l’arabe. Mais, parmi ces derniers, il convient de distinguer entre les minorités religieuses qui vivaient au sein du monde chrétien et les peuples du dehors. Dans le premier cas, il s’agissait essentiellement des juifs, qui bénéficiaient d’un statut particulier ; dans le second, des musulmans et des païens qui constituaient une menace pour l’Occident. De multiples contacts cependant eurent lieu au cours de ces cinq siècles, non sans soubresauts, contresens et polémiques.

Grecs, Romains, Juifs, chrétiens en interaction

Les recherches des dernières décennies sur les identités religieuses ont privilégié les interactions d’opposition au détriment des interactions neutres ou positives. Or, on peut affirmer que les Juifs hellénophones et les Pèresont pensé leurs croyances grâce aux catégories héritées de l’hellénisme. En retour, le judaïsme a donné au monde païen la Bible grecque des Septante, tandis que l’empereur Julien (361-363) a pensé la réorganisation de la religion traditionnelle sur le modèle chrétien. Si l’on passe aux interactions entre judaïsme et christianisme, l’analyse se heurte à des difficultés qui tiennent à la pluralité des courants juifs et chrétiens et aux sources à notre disposition.

Le mystère d’Israël dans l’oeuvre de Jacques Maritain

Le 28 octobre 1965, Paul VI promulguait la déclaration conciliaire Nostra aetate, traitant du rapport de l’Église catholique avec les religions non-chrétiennes. Au paragraphe 4 intitulé « de la religion juive », le Magistère de l’Église catholique se prononce pour la première fois sur le lien qui l’unit au peuple de la première Alliance, rompant ainsi avec l’antique enseignement sur les Juifs déicides et rejetés par Dieu. Jacques Maritain peut être considéré comme un pionnier du nouveau discours chrétien sur les Juifs, qu’il développa dans le contexte d’une France rongée par l’antisémitisme et la montée du nazisme. En analysant la pensée de Maritain sur ce qu’il appelait le mystère d’Israël, l’auteure nous montre en quoi celui-ci s’inscrit et prépare le document conciliaire mais aussi quelles pistes sont encore à exploiter par la théologie.

La question christologique : une théologie de la vie de Jésus ?

Puisque l’ouvrage de Meier s’intéresse au Jésus historique et qu’il s’efforce d’en préciser peu à peu le « portrait », il est légitime de se demander si les enquêtes ainsi menées permettent d’envisager aujourd’hui une nouvelle théologie de la vie de Jésus, et, si oui, à quelles conditions. Les trois séries de réflexions ici proposées – sur la position de Jésus dans le monde juif, sur ses miracles, et finalement sur la question de son identité – permettent d’apporter une première réponse à cette question.