Ce que la liturgie donne à voir des ministères

Le contexte actuel de crise sanitaire mondiale et de crise des abus dans l’Église invite les théologiens à renouveler leurs approches. Ceci vaut pour la question des ministères en liturgie. Parce que les célébrations « donnent à voir » ce que les discours peuvent omettre de considérer, voire ce que l’on peut parfois chercher à occulter, la liturgie est en quelque sorte le miroir des impensés en matière ecclésiologique, ces présupposés qui suscitent des réactions spontanées au changement ou qui soutiennent des évidences ou des habitudes non critiquées. En relisant certains aspects de l’héritage du dernier Concile, l’article s’attache à mettre en lumière les apories que créent les décalages entre les discours et les pratiques.

Les métamorphoses de la liturgie et de la pastorale des funérailles

La profonde transformation des pratiques et de la pastorale des funérailles ne peut s’expliquer sur le seul registre de la déchristianisation. Les transformations culturelles interrogent l’espérance chrétienne sous un triple rapport : à la mort, au corps et à la mémoire. La récente crise sanitaire de la Covid 19, en suscitant une nouvelle prise de conscience de la fragilité de notre humanité commune, appelle à reconsidérer ces questions. Dans ce contexte, l’article s’interroge à nouveaux frais sur les ressources qu’apporte la ritualité chrétienne pour répondre aux aspirations et aux angoisses d’un monde qui a profondément changé.

L’eucharistie : trouver une respiration

Après avoir dressé à grands traits un état des lieux des pratiques autour de l’eucharistie en Europe occidentale, l’auteur avance sa thèse : l’eucharistie, célébration clé de la vie ecclésiale, demeure enclavée ; de ce fait, il lui est difficile d’irriguer le quotidien des fidèles. Elle est sans doute « sommet », mais parvient mal à être « source » de la vie chrétienne. L’auteur, en s’appuyant sur la réflexion de Marcel Mauss, fait quelques suggestions pour aller en ce sens.

À propos des synodes : l’histoire nous interroge

Le théologien a encore beaucoup à apprendre de l’histoire des synodes comme tels. Après une clarification des termes (synode, synodalité, collégialité), l’article cherche à illustrer cette affirmation en abordant quelques problèmes particuliers : la nature de l’événement synodal, celle de la repraesentatio synodale, le synode comme liturgie, le tournant de Vatican II.

Le rapport à Dieu dans la liturgie

Comment s’adresse-t-on à Dieu dans la célébration eucharistique ? Comment la relation à l’humanité envers Dieu et de Dieu envers l’humanité y est-elle qualifiée et interprétée ? Il ne va pas de soi qu’on lise l’Ordo Missae comme une vraie source théologique. Or, la liturgie en tant que doxologie primaire au sens que lui donne Jean-Yves Lacoste dans son dictionnaire de théologie, nous invite à reconsidérer nos théologies usuelles, exercice toujours trop rare. La liturgie invite et incite à reconsidérer notre idée d’orthodoxie : d’abord une juste louange, ensuite l’exactitude doctrinale. L’auteur nous propose cette réflexion selon une méthodologie consistant en une lecture approfondie et une analyse sémantique de l’Ordo Missae dans la plus récente version latine du Missel Romain.

La notion d’apostolicité selon Vatican II

Dans les recherches sur Vatican II, la notion d’apostolicité n’a pas été sujet d’une étude détaillée, bien qu’elle soit un des fondements de l’ecclésiologie. Notre étude est un premier essai. Le terme est intimement relié à la mission de l’Église. Apostolicité invoque toujours une manière de vivre et une doctrine. La personne et la prédication du Christ sont centrales : les apôtres, les évêques, les prêtres, les laïcs doivent s’engager dans la ligne du fondateur. Le rôle central du successeur de Pierre crée des tensions profondes dans les relations internes (primauté versus collégialité ; centralité versus autonomie des Églises locales). Dans les relations avec les autres dénominations chrétiennes, la place centrale du Saint Siège cause aussi des problèmes, même si le concile Vatican II a souligné les valeurs évangéliques réalisées par les autres Églises et dénominations chrétiennes.