La prière comme pratique religieuse. La quête d’une dimension ultime dans la spiritualité athée, le bouddhisme et la religion théiste

Le concept de « préoccupation ultime » proposé par Paul Tillich est un outil utile pour cerner la nature englobante de l’engagement religieux, c’est-à-dire le fait qu’un tel engagement imprègne la vie des croyants et se manifeste dans une pléthore d’activités. L’article avance que la prière, entendue comme une pratique soutenue et concrète, est une des composantes les plus importantes d’une vie proprement « religieuse », tout en reconnaissant que les formes aussi bien que les visées de la prière varient grandement dans les différentes religions mondiales selon la manière dont elles conçoivent l’objet de leur pratique religieuse.

Différences et égalité

L’article revient sur les quatre articles du numéro préparatoire, pour réfléchir d’abord sur « les différences dans la modernité » en se référant à ceux d’O. Donegani, puis, sur la base des deux articles suivants, ceux de J. Wénin, pour réfléchir sur les ressources de l’hindouisme et de la tradition biblique. Il ne s’agira pas simplement ni même d’abord de rendre compte de ces articles mais plutôt de s’efforcer de poser telle ou telle question ou de proposer quelques réflexions – espérant par là même comprendre comment la crise actuelle provoque la tradition chrétienne à faire entendre sa voix.

Qohéleth et le Sutra du diamant, sagesses biblique et bouddhique

Dans la Bible et le bouddhisme Mahāyāna, du Grand Véhicule, la littérature dite sapientielle occupe une place déterminante, tant en raison de son volume que de sa vivifiante signification pour l’ensemble de chacune de ces traditions. Cet essai cherche à comparer ces deux types de littérature à partir d’un ancrage textuel précis dans chacune d’entre elles : le Sūtra du diamant pour le bouddhisme Mahāyāna, et l’Ecclésiaste ou livre de Qohéleth pour la Bible. L’auteur invite à une rencontre en vérité des traditions bouddhiste et judéo-chrétienne, qui exige de prendre le risque de comparer deux de leurs textes fondateurs.

Les jeux de la différence dans l’Inde hindoue

L’Inde serait-elle la patrie de la différence, l’illustration extrême et pour ainsi dire maladive d’un particularisme triomphant ? L’Inde serait-elle, par la spiritualité et la philosophie, la patrie de la dissolution de toutes les différences, du retour au sein maternel de quelque Grande Déesse cosmique ? Il est vraisemblable que chaque civilisation se définit par un style propre, une manière originale de conjuguer des différences affirmées et des valeurs partagées, des particularités et un patrimoine commun et c’est dans ce sens que l’Inde, par sa manière singulière de marier le propre et le commun, la différence et le partagé, nous invite à l’exploration de notre propre vision des choses, aux acquis et incertitudes de notre identité.