L’Église au sein de l’histoire messianique de l’humanité

L’enjeu de cet article est de faire comprendre, dans un même mouvement, ce qui, à l’âge de l’anthropocène, advient à notre commune humanité sur notre terre et ce que la Communio Ecclesiarum est appelée à devenir pour être fidèle à sa mission. Presque soixante ans après l’ouverture de Vatican II, la convocation d’un « synode sur la synodalité » en octobre 2021 élargit la manière de procéder du Concile à l’ensemble des Églises particulières et active ainsi leur statut œcuménique de « peuple messianique » (Lumen gentium, 9). On commencera par expliciter l’enjeu de cette focalisation sur une conception messianique de l’histoire et les possibilités herméneutiques qu’elle nous offre dans la tâche d’interprétation de la situation actuelle de l’humanité sur notre terre et de reconfiguration de la mission de l’Église. On reviendra ensuite sur le concile Vatican II et on précisera comment cette vision messianique peut éclairer les apories du corpus conciliaire, qui se sont révélées lors du processus de réception, et ouvrir ses potentialités d’avenir.

Ce que la liturgie donne à voir des ministères

Le contexte actuel de crise sanitaire mondiale et de crise des abus dans l’Église invite les théologiens à renouveler leurs approches. Ceci vaut pour la question des ministères en liturgie. Parce que les célébrations « donnent à voir » ce que les discours peuvent omettre de considérer, voire ce que l’on peut parfois chercher à occulter, la liturgie est en quelque sorte le miroir des impensés en matière ecclésiologique, ces présupposés qui suscitent des réactions spontanées au changement ou qui soutiennent des évidences ou des habitudes non critiquées. En relisant certains aspects de l’héritage du dernier Concile, l’article s’attache à mettre en lumière les apories que créent les décalages entre les discours et les pratiques.

Luther et la théologie luthérienne dans le mouvement oecuménique

Luther et la théologie luthérienne sont deux choses bien distinctes, et doivent l’être plus encore dans un âge oecuménique. Les simplifications du confessionnalisme ont laissé la place à un travail de reconstruction critique, à la fois entre Églises luthériennes séparées par des divisions, entre Églises de la Réforme, ou dans le cadre du dialogue luthérien-catholique. De remarquables acquis méthodiques ainsi que thématiques ont été atteints, ouvrant la voie à des communions ecclésiales. Comment faut-il aborder les points d’achoppement qui demeurent ?

La dimension ecclésiale de la foi aujourd’hui

La dimension « ecclésiale » de la foi catholique ne parvient pas à s’inscrire dans l’état présent de la culture postmoderne sous une forme communautaire crédible. Si nous vivons le temps d’une « exculturation du catholicisme » cela peut se dire « Nous n’avons pas l’Église qu’il nous faut ». On pourra aussi dire « L’Église doit changer pour faire face au tournant civilisationnel dans lequel elle se trouve prise avec l’ensemble de l’humanité ». N’est-ce pas faute de trouver son point d’application dans la vie sociale de nos contemporains, que notre catholicisme se trouve en quelque sorte « flottant » ?