La « colère » de Dieu : quelle signification pour la théologie chrétienne ?

Le thème biblique de la « colère » divine est-il seulement une manière de parler ? Ou dit-il réellement les dispositions de Dieu lui-même face à l’incrédulité ou au péché des êtres humains ? Développé par Lactance au IVe siècle, ce thème a pris une importance centrale chez Luther et Karl Barth. Il est aussi présent chez un théologien catholique comme Balthasar, en réaction contre la sotériologie de Rahner. Plutôt que de prétendre concilier les diverses positions en la matière, il importe de prendre au sérieux la tension même qui se manifeste entre elles, et de revisiter à cette lumière un certain nombre de questions auxquelles la théologie chrétienne se trouve confrontée, telles que la Passion rédemptrice, l’attitude de l’Église envers les pécheurs et la question du jugement eschatologique.

Pourquoi et comment Dieu devrait-il sauver le monde ?

Cet article passe en revue différentes conceptions du salut divin, leurs programmes et leurs centres d’intérêt. Inspirée par la théologie augustinienne du péché, de la concupiscence et de la dépravation des hommes, un certain type de sotériologie oblige Dieu à sauver l’être humain du péché individuel et de la damnation. La christologie y est dès lors définie en référence à une certaine conception des besoins humains. L’alternative pourrait consister en ce que la théologie se concentre sur le déploiement de la volonté divine relative à la création et, en elle, à l’humanité. La christologie pourrait alors révéler l’offre gracieuse d’amour de Dieu en Jésus Christ pour et avec l’humanité, de même que l’œuvre divine de réconciliation à travers le réseau de relations d’amour interdépendantes et dynamiques : l’amour divin et notre amour de Dieu, des uns les autres, de l’œuvre divine ininterrompue de création et de réconciliation, et notre amour pour notre propre être émergeant de la sorte. La critique des

Le ministère dans et pour la communauté

Au plan œcuménique, quelles sont les difficultés en théologie du ministère, ordonné plus spécifiquement, au sein et au service de la communauté ? Pour recenser et analyser consensus et divergences, l’étude explore trois types de dialogue particulièrement significatifs : (I) un dialogue multilatéral de Foi et Constitution du COE, le BEM (Baptême, Eucharistie, Ministère, 1982) ; (II) un dialogue bilatéral international de la Commission luthéro-catholique sur L’Apostolicité de l’Église (2006) ; (III) le dialogue bilatéral non officiel du Groupe des Dombes, aboutissant en 1972 à l’accord audacieux Pour une réconciliation des ministères.

Au-delà de 2017

La commémoration des origines de la Réforme en l’année 2017 est un jalon sur un itinéraire en vue de la pleine communion. Le dialogue luthéro-catholique a déjà permis d’atteindre un consensus sur des questions fondamentales et doit trouver là un élan pour franchir de nouveaux pas. Encore faut-il persévérer dans une expérience proprement spirituelle de réconciliation et de guérison, par-delà les blessures héritées du passé. Le dialogue doit aussi se poursuivre sur le plan doctrinal ; l’article montre comment il serait possible d’aller de l’avant sur des questions controversées, comme celles de la succession apostolique et du ministère de communion dans l’Église universelle.