Bulletin de théologie des religions (106-4/2018)

Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris Université catholique de Lyon – Faculté de théologie Ce bulletin de théologie des religions fait la part belle à l’islam : les deux dernières parties (« Dialogue islamo-chrétien », et « Travaux sur l’islam ») lui sont consacrées, et il n’est pas absent non plus des autres parties. Ce n’est pas par volonté de céder à la mode de l’actualité, mais parce que, de fait, de nombreux ouvrages paraissent sur l’islam et sur les interactions entre chrétiens et musulmans ; on peut y lire un réel intérêt, une certaine inquiétude, ainsi que le désir d’avancer sans se faire piéger par des discours idéologiques. Les études théologiques proprement dites ne sont pas absentes de ce bulletin (ainsi dans la première partie « Théologie chrétienne et pluralité religieuse »). Mais force est de constater que les rencontres inter-religieuses et les études comparées des religions (deuxième et troisième parties) donnent à ce bulletin une allure assez concrète, bien enracinée dans les questions de société. C’est sans doute assez fidèle à l’évolution que connaît aujourd’hui la théologie des religions. I. Théologie

Bulletin de sociologie religieuse (106-4/2018)

Sciences Po – Paris Ce second bulletin de sociologie religieuse est moins long que le précédent (voir RSR 103/4 [2015], p. 605-628) car il ne couvre que les trois dernières années. Les rubriques en sont moins nombreuses et, bien évidemment, leurs titres peuvent apparaître arbitraires dans la mesure où, très généraux, ils pourraient aisément être renommés ou les ouvrages qu’ils rassemblent déplacés d’une rubrique à l’autre. Ainsi en est-il notamment de la distinction entre « Religion et politique » et « Religion et espace social », puisque les phénomènes politiques sont aussi des faits sociaux. Quant à la première rubrique qui concerne d’abord la théorie de la religion, on y a adjoint deux ouvrages qui, traitant de l’histoire de la discipline dans la figure de deux de ses pionniers, dessinent aussi les traits de la construction scientifique de l’objet religieux telle qu’elle a été amorcée avant le développement des grandes enquêtes quantitatives et l’irruption du thème de la sécularisation, devenu le paradigme central de la discipline. I. Théorie de la religion, histoire de la sociologie religieuse 1. Martin David, On Secularization.

Éditorial (106/4 – 2018)

Connues pour leurs dossiers et leurs bulletins scientifiques, les Recherches de Science Religieuse, n’ont pas pour autant abandonné la vieille coutume des numéros Varia. Ceux-ci permettent en effet d’accueillir quelques-uns des articles envoyés à la Rédaction, parfois par de jeunes chercheurs, et d’approcher une question d’actualité, ou encore de poursuivre un débat suscité par un précédent dossier de la Revue.

À propos des synodes : l’histoire nous interroge

Le théologien a encore beaucoup à apprendre de l’histoire des synodes comme tels. Après une clarification des termes (synode, synodalité, collégialité), l’article cherche à illustrer cette affirmation en abordant quelques problèmes particuliers : la nature de l’événement synodal, celle de la repraesentatio synodale, le synode comme liturgie, le tournant de Vatican II.

Synodalité et ecclésiologie de l’Église universelle

L’ecclésiologie à perspective universaliste qui a été, sur le très long terme, celle de l’Église catholique, n’a pas favorisé l’émergence d’institutions incarnant une synodalité réelle, notamment entre les évêques et donc les Églises locales dont ils ont la charge. Ce qui aurait pu aller en ce sens a, après le concile, été délibérément freiné par plusieurs initiatives en provenance de Rome. Il est vrai que le concile lui-même, en promouvant une vision de la « collégialité » en termes de collège épiscopal succédant au collège des apôtres, en est resté à une perspective universaliste. Une autre relecture des origines chrétiennes permettrait de fonder une véritable ecclésiologie de communion des Églises.

Théologie et manifestations de la synodalité : un défi permanent pour l’Église

Depuis ses origines, l’Église a vécu et s’est structurée de manière synodale, comme le montre l’expérience du premier millénaire. La doctrine russe de la sobornost a rappelé la dimension organique et synodale de la vie ecclésiale. L’ecclésiologie eucharistique permet de comprendre que cette synodalité fait partie de la nature de l’Église, s’enracinant dans le mystère de la Sainte Trinité. En outre, la synodalité va toujours de pair avec la primauté et réciproquement, à tous les niveaux de la vie ecclésiale : locale, régionale et universelle.

La tradition des synodes luthériens et réformés

La synodalité est une caractéristique essentielle de l’organisation institutionnelle et de l’exercice de l’autorité dans les Églises marquées par la Réforme du XVIe siècle. L’article, partant de l’héritage historique, considère les choix théologiques fondamentaux puis les modes de synodalité aujourd’hui mis en oeuvre dans les Églises luthériennes et réformées et le défi oecuménique qu’elles doivent relever. En théologie réformatrice l’enjeu n’est pas l’Église en tant que telle. Aux synodes de veiller à ce que cette mission soit remplie et de contribuer à doter l’Église des atouts qui lui sont nécessaires.

Conciliarité de l’Église. Théologalité, pluralité, historicité

La conciliarité de l’Église ou qu’est l’Église, tel est le sujet de cette étude. On s’efforce d’en explorer et fonder (scripturairement, traditionnellement) (I) d’abord l’enracinement théologal ou trinitaire et eucharistique, (II) ensuite la dimension plus spécifiquement pneumatologique et pentecostale, articulant diversité et unité/universalité dans l’histoire, aux dimensions du cosmos ou de la création tout entière, (III) enfin l’historicité radicale, qui, à la fois, relativise les formes institutionnelles qu’elle peut prendre et suscite une créativité culturelle et institutionnelle au service de la communion ecclésiale.

Éditorial (106/3 – 2018)

Dossier préparatoire du 26e colloque des RSR (Paris, 8-10 novembre 2018) Tel qu’il est formulé, le titre du prochain colloque des Recherches de Science Religieuse et de ce dossier préparatoire prend position dans un débat déjà ancien. Suscité par des travaux historiques, entrepris autour du concile Vatican II, il a opposé, en 1961, un Hans Küng à un Joseph Ratzinger. Le premier établissait un rapport intrinsèque entre « l’Église comme concile œcuménique convoqué par Dieu » et « le concile œcuménique convoqué par les hommes comme représentation du concile œcuménique convoqué par Dieu » (ThQ 141 [1961], 56 et 60). Le second contestait cette équivalence : « Le Concile ne s’appelle pas ekklesia, il s’appelle synedrion ; il ne représente pas l’Église, il n’est pas l’Église comme l’est au contraire toute célébration eucharistique, il n’est dans l’Église qu’un service déterminé » (Catholica 15 [1961], 292-304 ; Le nouveau peuple de Dieu, Aubier, Paris, 1971, 88). Depuis ces débats suscités par la convocation du concile Vatican II, des évolutions significatives se sont produites. Rappelons en premier lieu les recherches historiques de grande envergure sur