La différenciation moderne de la lecture biblique. Le conflit des épistémologies
Après quinze siècles de lecture « christique » des Ecritures, deux siècles de crises bien différentes allaient en proposer de nouvelles approches : le XVIe siècle comme Siècle des Réformes, le XVIIe comme Siècle de la critique. Après la confrontation d’Erasme et de Luther, la confrontation des Libertins et des apologètes, puis l’apparition de ce qui deviendrait l’exégèse critique avec notamment J. Meyer, Spinoza et R. Simon, allaient créer une autre sensibilité aux Ecritures, selon les perceptions de l’univers et de la raison marquées par la philosophie de Descartes. Une épistémologie nouvelle se mettrait nécessairement en place. Les résistances des autorités ecclésiales ne pourraient rien contre une approche qui n’était pas seulement « scientifique » mais qui marquait désormais la lecture religieuse de ces Ecritures. Les questions que poserait cette approche dans le cadre de la réception croyante comme par rapport au dogme de l’Inspiration ont-elles reçu leur réponse ? Ce questionnement devrait être au cœur du colloque que prépare l’ensemble de ce dossier.