Écologie, création, modernité. Une lecture philosophique de la crise écologique

Trois types de rapports à la nature sont d’abord distingués qui conduisent à la question : une deep ecology moderne est-elle pensable ? Les neurosciences contemporaines montrent ensuite qu’une naturalisation de la conscience ne conduit pas nécessairement à une dissolution de l’humain dans l’animalité. Sur cette base, une deep ecology est proposée compatible avec le primat de la subjectivité moderne. Le concept bergsonien de création intégré dans la philosophie du procès de Whitehead renforce une telle position.

L’âge de l’anthropocène, un kaïros pour la théologie de la création ?

La notion d’« anthropocène » s’est imposée pour rendre compte de la situation inédite dans laquelle se trouve l’humanité. L’impact des activités humaines sur la détérioration des conditions de vie, et peut-être même de survie, sur la planète, nous invite à relire à nouveaux frais les textes bibliques de Création et de Recréation. Une éthique théologique nouvelle se dessine, qui conjugue lucidité, non-puissance et espérance en Christ.

Un tournant cosmologique dans la théologie de la création

Le terme d’« anthropocène », proposé par le chimiste néerlandais Paul Jozef Crutzen dans un billet de la revue Nature du 3 janvier 2002, signifie que l’humanité est devenue une force géologique à part entière et qu’en tant que telle, son activité entre en interdépendance avec le reste du vivant et de la nature. Cette nouvelle donnée nous fait entrer dans un temps irréversible et non-prédictible. Entre utopie techniciste et catastrophisme, sans doute y a-t-il à rechercher une attitude de sagesse qui tente de tracer sa route sans arrogance ni désespérance. La tradition chrétienne pourrait-elle y aider ?

Un catholicisme diasporique. Réflexions sociologiques sur un propos théologique

Lorsque Karl Rahner annonce dans un fameux article de 1954, les profondes mutations qui attendaient l’Église catholique, il fit preuve d’un singulier courage théologique mais surtout d’une grande originalité d’analyse. En effet, plutôt que de déplorer la sécularisation et de chercher à la contrer, il en prend acte comme de la condition actuelle de la présence du christianisme dans les sociétés occidentales contemporaines. L’article évalue la portée sociologique de cette forme « diasporique » que Karl Rahner présente comme la modalité obligée d’une communalisation catholique répondant à sa situation minoritaire dans le monde tel qu’il est.

La critique de « l’Évangile selon sainte Scolastique »

L’histoire du mouvement néoscolastique moderne, qui n’est pas identifiable en tout au thomisme, et dont la magna carta était Æterni Patris s’est achevée au deuxième Concile du Vatican. L’article cherche à définir les caractéristiques de cette néoscolastique, précise le rôle central qu’y tient le thème de la « nature pure », et formule quelques points sur lesquels une théologie dans la situation de diaspora qui est la sienne devrait être attentive.

La naissance d’une théologie pratique et pastorale

Vatican II a introduit une nouvelle manière d’élaborer un discours chrétien et d’exprimer la foi chrétienne, mais ce renouveau de la théologie a besoin d’être poursuivi et approfondi si celle-ci ne veut pas être marginalisée, car la situation présente du monde et de l’Église lui lance de nouveaux défis. L’article questionne le rôle du Concile dans cette révolution puis réfléchit aux nouveaux approfondissements exigés dans la situation actuelle. L’enjeu pour la théologie est de demeurer enracinée dans son terreau et de reprendre la question du salut dans le Christ à partir du cri des pauvres et de la terre. S’appuyant certes sur des spécialistes voués au travail théologique, elle ne pourra pas s’isoler du travail d’interprétation menée par les communautés.

L’histoire du salut au rythme de la diaspora

Dans Evangelii Gaudium, le pape François invite à une mission pastorale, en contact avec la joie de l’Évangile, qui prend comme orientation le document d’Aparecida et fait sortir l’Église des zones de confort de la culture du bien-être. Dans le cadre des succès missionnaires dynamiques du christianisme au sein de la civilisation mondiale contemporaine, on voit naître précisément dans la diaspora une zone de contacts avec les hommes d’aujourd’hui, qui ne se laisse pas réduire à l’indifférence de cette culture du bien-être où les chrétiens sont en position majoritaire. Il y a bien longtemps que la diaspora n’est plus une région où la foi est en minorité ; elle est plutôt un rythme à la fois désillusionnant et encourageant de la vie, notamment de celle des migrants, mais aussi du style de vie urbain de notre époque. Les sciences culturelles diagnostiquent dans ces rythmes toujours déroutants une hybridité qui pousse les hommes à s’aligner en référence à un pays natal où ils

Faire de la théologie au service d’un christianisme en diaspora

C’est une évidence qui se manifeste dans le célèbre texte de Karl Rahner sur l’Église en diaspora (1954), à savoir le lien, historiquement variable mais en principe chaque fois intrinsèque, entre une situation historico-sociale de l’Église et la désignation correcte du moment présent, d’un côté, et des manières spécifiques de faire de la théologie, de l’autre. Partant de ce constat et tenant compte des évolutions post-conciliaires de la théologie catholique, l’article distinguera et précisera trois tâches de la théologie au sein d’un christianisme diasporique. La toute première est celle que Rahner a entreprise à son époque, à savoir celle de discerner aujourd’hui les « signes des temps » et d’aider ainsi les communautés chrétiennes à comprendre le moment de crise hautement inconfortable qu’elles traversent. Une deuxième tâche consiste alors à penser l’existence chrétienne et sa communalisation ecclésiale, en sa source et en son déploiement minoritaire au sein de nos sociétés européennes d’aujourd’hui. Ce qui nous conduira, pour finir, à concevoir un type de « formation » élémentaire au

Reprise de la problématique du colloque. La synodalité de l’Église, réalités et perspectives

La synodalité de l’Église, telle qu’on peut l’appréhender à partir des contributions du numéro préparatoire au colloque, prolongées par des réflexions plus personnelles, ne se limite pas aux assemblées et aux conseils qui la symbolisent. Elle concerne aussi bien l’organisation de l’Église que sa relation au Message qui la constitue. Elle invite à s’interroger sur la dialectique « personnel-collégial (ou synodal)-communautaire », et éventuellement à en réformer l’exercice. Elle implique une culture du consensus, mais aussi du débat. Et sans doute cette synodalité a-t-elle à voir avec la lutte contre ce qu’un François dénonce sous le nom de « cléricalisme ».

De la tradition synodale à l’événement synodal ou comment la Bible interroge la pratique

Les auteurs du NT n’emploient pas le mot synode (littéralement « chemin commun) et ne connaissent pas la notion de synodalité. Mais leurs récits explorent ce que signifie « être en chemin avec le Christ », cherchant ainsi à susciter un véritable événement synodal. Après une nécessaire clarification de l’usage de la Bible pour la réflexion ecclésiologique en tradition luthéro-réformée, la lecture de quelques récits (Ac 15 ; Ga 2 ; Lc 24 ; Jn 20 ; Phm) met au jour les principaux enjeux théologiques liés à la synodalité de l’Église. La pluralité des voix rassemblées en un même corpus invite à une liberté pragmatique nouvelle en matière synodale, une liberté fondée en Christ.