(Que) pouvons-nous connaître (de) Dieu ?

Les discours portant sur « la connaissance des choses divines » ont été partiellement remodelés par la transposition vers le champ théologique du lexique et des méthodes propres à l’épistémologie contemporaine. Inspirée par ces tentatives, cette contribution distingue sept façons principales de répondre aux questions formulées quant à la possibilité même de produire pareille connaissance comme à celles qui, plus avant, cherchent à préciser sa nature, ses modalités et ses frontières. Elle met en évidence les connexions et les fractures au travers desquelles les modèles ici distingués sont inscrits dans la trame et parfois les pièges d’un monde langagier partagé.

Comment l’adresse à Dieu est-elle possible ?

En référence aux gestes de Hegel et de Kant, on met en contraste deux abords concurrents de la question de la religion : l’une par une justification de la foi ; l’autre, par une explication de Dieu. Tandis que la philosophie de la religion, chez Kant postule qu’il y a un Dieu, elle entreprend, avec Hegel, d’exposer qui est Dieu. La confrontation de ces deux gestes philosophiques éclaire le programme philosophique d’une réconciliation de la raison et de la religion.

« Jusqu’à ce que s’ouvre une voie… » À propos du dernier ouvrage de Joseph Moingt, Croire au Dieu qui vient

Les lecteurs du Père Joseph Moingt auraient pu s’attendre à une ultime synthèse de sa pensée, or ce nouveau volume, Croire au Dieu qui vient, offre bien autre chose. Cet ouvrage suppose un fort engagement personnel de théologien partageant toutefois la difficulté de beaucoup de chrétiens d’aujourd’hui de réconcilier l’enseignement de l’Église à leurs interrogations à son endroit. C’est une passion qui traverse cet ouvrage, passion ténue parce que portée à la fois par un élan irrésistible vers l’avenir et une patience intellectuelle non moins invincible. Entre foi « établie » et raison « éclairée », un long chemin de réconciliation s’ouvre pour l’auteur et son lecteur.

Est-ce la tâche de « la droite raison » que de « démontrer les fondements de la foi » ?

Exposant la pensée de Dubarle et de Schaeffler sur les relations entre philosophie et théologie, ou plutôt sur l’intérêt d’un exercice philosophique pour la théologie, l’article défend la thèse selon laquelle la recherche de fondements philosophiques pour la théologie résulte d’une naturalisation de la foi religieuse, et d’une confusion entre foi et savoir.

De l’éclosion du christianisme à la « déclosion de la raison » :

Cet article est une analyse du programme de déconstruction du christianisme, proposé par Jean-Luc Nancy, en prêtant une attention particulière au second volume du diptyque. Après avoir rappelé le sens que Heidegger donne à ce terme, l’étude se focalise sur les trois notions centrales de « déclosion de la raison », de « fortuité » et de « raison adorante ». L’étude se termine en adressant douze questions critiques à Nancy.