Nos traditions théologiques revisitées pour faire face au défi écologique

 « Elle passe, la figure de ce monde ». C’est ainsi que l’apôtre Paul mettait en garde il y a deux millénaires. Le présent exposé examinera, parmi les sources de la tradition, celles qui, au lieu de déplorer une stabilité perdue, considèrent plutôt le cycle de genesis et de phthora, de venue à l’existence et de disparition, comme le processus par lequel Dieu amène l’ensemble de la création au résultat final prévu dès le commencement. Nous allons voir qu’il faut pour cela prendre au sérieux la proclamation de l’Évangile selon lequel la vie advient par la mort, un don qui, à son tour, libère la création afin qu’elle fleurisse d’une manière que nous ne pouvons même pas imaginer.

Par sa mort, il a vaincu la mort

La lecture de l’évangile de Marc et de celui de Matthieu, qui pourrait être complétée par ceux de Luc et Jean, impose une claire distinction entre les causes de l’assassinat de Jésus et la raison pour laquelle Jésus a décidé et accepté de faire don de sa vie comme aboutissement de son existence. L’événement de Pâques fait apparaître la dimension transcendante et la signification universelle de cette mort comme victoire sur la mort, et le Nouveau Testament propose une diversité d’interprétations pour en comprendre le sens révélateur de vie et libérateur.

Les métamorphoses de la liturgie et de la pastorale des funérailles

La profonde transformation des pratiques et de la pastorale des funérailles ne peut s’expliquer sur le seul registre de la déchristianisation. Les transformations culturelles interrogent l’espérance chrétienne sous un triple rapport : à la mort, au corps et à la mémoire. La récente crise sanitaire de la Covid 19, en suscitant une nouvelle prise de conscience de la fragilité de notre humanité commune, appelle à reconsidérer ces questions. Dans ce contexte, l’article s’interroge à nouveaux frais sur les ressources qu’apporte la ritualité chrétienne pour répondre aux aspirations et aux angoisses d’un monde qui a profondément changé.

La mort de la mort : de quelle immortalité parlons-nous ?

La possibilité d’une immortalité n’a cessé de préoccuper l’humanité. Certains affirment que celle-ci serait de l’ordre du passé, à la suite de la thèse heideggérienne de la finitude ontologique de l’homme. Dans cette optique, le temps est envisagé à partir de la mort, à savoir qu’il est clos de manière a priori. D’autres, au contraire, soutiennent que la temporalité est ouverte et que le « progrès » historique et technoscientifique permet à l’homo faber de dépasser la mort individuelle. Après une discussion critique de ces positions et de leurs présupposés, l’article aborde la question de l’immortalité renvoyant à une anthropologie du don. Celui-ci se situe au plan de la créature recevant gratuitement la vie ou de l’espérance qui implique une attitude de disponibilité réceptive et qui échappe à tout contrôle.

L’éternité est une croyance qui s’oppose à la mort

Comment résister à la mort ? Cette question, depuis toujours, instaure un conflit entre la mort et l’éternité. Voyons quatre régimes différents de résistance : celui de la culture, qui, depuis 100 000 ans, avec le faste, l’art et la religion, instaure des modalités d’une protection contre la mort – apparaissent alors le moment charnière : le passage, et ses conditions, la symbolique de l’autre monde – ; puis le moment chrétien (une promesse d’éternité est faite, mal comprise, du côté catholique par une fixation sur la seule éternité de l’âme et du côté des incroyants par un supposé amour catholique des cadavres), avec une incertitude quant aux conditions d’accès à l’éternité ; le troisième régime où, avec Freud, l’immortalité devient une croyance active ici et maintenant, protège notre psychisme du néant et donc de la sidération, et vient avant la mortalité ; enfin la science, qui nous offre une nouvelle promesse d’immortalité, promesse future, non encore réelle, possible mais non certaine, de pouvoir se « réincarner » dans de

L’impact de la Première Guerre mondiale sur la théologie française : le cas Teilhard de Chardin

La pensée de Pierre Teilhard de Chardin a marqué l’histoire de la réflexion chrétienne au XXe siècle. Il se trouve qu’elle s’élabore au cours de la Première Guerre mondiale. À travers les nombreux écrits de cette période, les principaux thèmes sont élaborés. La réflexion sur la dimension cosmique et évolutive de l’existence humaine n’occulte pas la question du mal.