La mondanisation du salut
La question du salut, individuel et collectif, parce qu’elle est au centre de l’identité morale de nos sociétés sécularisées, n’intéresse plus seulement les religions. La pensée et la politique libérales s’autorisent à se préoccuper du salut de chacun, même contre sa propre volonté. La sociologie permet de comprendre quelle conception du salut est aujourd’hui dominante et quel rapport elle entretient avec les modalités contemporaines du croire : il n’y a pas éclipse de la transcendance et le salut demeure une question d’actualité dans le cadre du pluralisme moral et religieux. Mais quelle place l’Église pourra-t-elle prendre dans cette réflexion largement investie ? Elle ne peut délaisser cette question ni se dérober à l’impératif d’humanisation, car le monde moderne a besoin de comprendre son identité dans ses origines théologiques. Il faut sauver le salut chrétien.